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Agents en tenue haute visibilité chargeant des coupons de rail usagés sur un camion, sur une piste à l'écart d'une voie ferrée
Photo d'illustration. Sur un chantier ferroviaire, chaque matériau déposé doit être stocké hors de portée des circulations, puis évacué ou mis en sécurité.

L'essentiel

  • Le 11 septembre 2026, un TER Rouen-Caen a déraillé près de Cléon (Seine-Maritime) après avoir heurté un rail présent sur la voie. Bilan : 44 blessés, dont un grave
  • La cause n'est pas établie : une enquête judiciaire et une enquête technique du BEA-TT sont en cours. Le parquet a indiqué qu'aucun élément ne permettait d'établir un acte délibéré
  • Parmi ses axes d'investigation, le BEA-TT examine la présence du rail sur la plateforme et la gestion des matériaux issus de travaux
  • Quelle que soit la conclusion, l'accident rappelle une règle de base des chantiers : rien ne doit rester à portée des trains, ni pendant ni après les travaux
  • Et une règle pour tous : un objet sur la voie, c'est une alerte immédiate, sans jamais aller le retirer soi-même

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Épisode 11 du podcast du Centre SECUFER · 3 min 40

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Introduction

Animatrice : Bonjour et bienvenue dans le podcast du Centre SECUFER ADF, le podcast qui parle de sécurité sur les voies ferrées. Aujourd'hui, on revient sur un accident qui a marqué la rentrée : le déraillement de Cléon, en Normandie.

Intervenant : Un train régional qui heurte un morceau de rail posé sur la voie, et quarante-quatre blessés. Un accident qui pose une question très concrète pour tous ceux qui travaillent sur les chantiers ferroviaires.

Animatrice : Avant de commencer, une précision importante.

Intervenant : Oui : la cause de cet accident n'est pas encore établie. Les enquêtes sont en cours. On va s'en tenir aux faits, et parler du risque que les enquêteurs ont décidé d'examiner.

Les faits

Animatrice : Alors, que s'est-il passé ?

Intervenant : Le onze septembre deux mille vingt-six, vers dix-neuf heures vingt-cinq, un TER Rouen-Caen circule près de Cléon, en Seine-Maritime. À l'approche d'un passage à niveau, le conducteur voit un rail posé sur sa voie.

Animatrice : Il a le temps de freiner ?

Intervenant : Pas assez. Selon le premier rapport du Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre, le train heurte le rail à une vitesse encore proche de sa vitesse normale, et il déraille en partie. Bilan : quarante-quatre blessés, dont une jeune femme de dix-huit ans grièvement atteinte. Et la ligne est restée fermée plus de trois semaines.

Les enquêtes

Animatrice : Qui enquête ?

Intervenant : Il y a deux enquêtes. Une enquête judiciaire, sous l'autorité du parquet de Rouen, pour savoir comment ce rail s'est retrouvé là. Le procureur a indiqué qu'aucun élément ne permettait d'établir un acte délibéré.

Animatrice : Et la deuxième ?

Intervenant : L'enquête technique du BEA-TT. Elle ne cherche pas de coupable : elle cherche à comprendre, pour éviter que ça se reproduise. Et parmi ses axes d'investigation, il y en a un qui nous concerne directement : la présence du rail sur la plateforme, et la gestion des matériaux issus de travaux.

Le risque des matériaux

Animatrice : Pourquoi les matériaux de chantier sont-ils un risque ?

Intervenant : Quand on parle de sécurité sur un chantier, on pense d'abord aux intervenants : ne pas être heurté par un train. Mais il y a le risque inverse. Ce qui reste sur la voie peut faire dérailler un train.

Animatrice : Et un chantier de voie, ça produit beaucoup de pièces.

Intervenant : Énormément. Des rails neufs ou déposés, des morceaux de rail, des traverses, des attaches, de l'outillage. Ils sont souvent déposés le long de la voie en attendant d'être posés ou évacués. Et tant qu'ils sont là, ils peuvent glisser vers la voie, être déplacés par un engin, ou attirer les voleurs de métaux.

Les bonnes pratiques

Animatrice : Alors, concrètement, comment on gère ça sur un chantier ?

Intervenant : Premier point : prévoir le stockage dès la préparation, dans le plan de prévention. On décide à l'avance où seront déposés les matériaux, hors de la zone dangereuse.

Animatrice : Ensuite ?

Intervenant : On stocke à plat, calé, sans risque de glisser vers la voie. On tient un inventaire : ce qui a été apporté, posé, déposé. Une pièce qui manque, on la cherche. Et on évacue sans tarder, surtout les pièces métalliques.

Animatrice : Et à la fin des travaux ?

Intervenant : C'est le moment clé. Avant de rendre la voie aux trains, on parcourt la zone et on vérifie qu'aucun outil, aucun matériau, aucun engin ne reste à portée des circulations. La zone dangereuse ne s'arrête pas au corps des intervenants.

Un objet sur la voie

Animatrice : Et si on voit un objet sur une voie ?

Intervenant : On alerte immédiatement. Sur un chantier, le responsable de la protection ou le chef de chantier. Sinon, les secours, au cent douze, ou la police. En donnant un lieu précis : la commune, le numéro du passage à niveau.

Animatrice : Et surtout, on ne va pas le retirer soi-même.

Intervenant : Jamais. Un train peut arriver à tout moment. On reste à distance, et on attend les consignes.

Conclusion

Animatrice : Si on ne devait retenir qu'une seule chose ?

Intervenant : Qu'un chantier sûr, c'est aussi une voie rendue libre. Rien ne doit rester à portée des trains, ni pendant, ni après les travaux.

Animatrice : Merci. Nous suivrons les conclusions de l'enquête. Vous retrouverez l'article complet et ses sources dans le blog de notre site, centre secufer point f r. À bientôt !

Un morceau de rail en travers de la voie, un train lancé à près de sa vitesse de ligne, et 44 blessés. Le déraillement de Cléon, en Normandie, a rappelé qu'un simple objet métallique peut mettre en danger des centaines de voyageurs. L'enquête dira comment ce rail s'est retrouvé là. Mais pour toutes les entreprises qui travaillent sur ou près des voies, l'accident pose déjà une question très concrète : que devient le matériel d'un chantier, et qui s'assure que rien ne reste à portée des trains ?

Ce que l'on sait de l'accident

D'après le premier rapport du Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT), publié le 28 septembre 2026, « vers 19h25, à l'approche du passage à niveau n°33, le conducteur du train n°852 086 observe la présence d'un rail » sur sa voie, entre Oissel et Elbeuf-Saint-Aubin. « Le train heurte le rail à une vitesse encore proche de la vitesse de ligne, il déraille en partie. »

Élément Ce qui a été rapporté
Date et lieuVendredi 11 septembre 2026, vers 19h25, près de Cléon (Seine-Maritime), sur la ligne Rouen-Caen
TrainTER n°852 086 de la région Normandie, deux rames couplées
ObstacleUn morceau de rail présent sur la voie, dont l'origine reste à déterminer
Victimes44 blessés, dont une jeune femme de 18 ans en urgence absolue
DégâtsPoteaux de caténaire endommagés sur plus de 400 mètres
TraficLigne fermée plus de trois semaines, reprise le 5 octobre 2026

Deux enquêtes, une cause encore inconnue

Deux enquêtes distinctes ont été ouvertes. L'enquête judiciaire, conduite sous l'autorité du parquet de Rouen, doit établir comment le rail s'est retrouvé sur la voie. Plusieurs hypothèses ont circulé dans la presse, mais le procureur a indiqué qu'aucun élément ne permettait d'établir que le rail avait été placé délibérément pour faire dérailler le train.

L'enquête technique du BEA-TT ne cherche pas de responsable : elle vise à comprendre pour éviter que cela se reproduise. Ses axes d'investigation annoncés sont :

  • le déroulement du déraillement ;
  • la présence du rail sur la plateforme ferroviaire et la gestion des matériaux issus de travaux ;
  • les alertes et les mesures d'urgence mises en œuvre ;
  • le traitement de l'événement par SNCF Réseau et SNCF Voyageurs.

Le rapport final dira si des travaux sont en cause. À ce stade, rien ne permet de l'affirmer, et cet article ne tire aucune conclusion sur les causes de l'accident. Il s'intéresse au risque que le BEA-TT a choisi d'examiner, parce qu'il concerne directement les chantiers.

Les matériaux de chantier : un risque pour les trains

Quand on parle de sécurité sur un chantier ferroviaire, on pense d'abord aux intervenants : ne pas être heurté par un train. Les matériaux posent le problème inverse : ce qui reste sur la voie peut faire dérailler un train, et mettre en danger ses voyageurs et son conducteur.

Un chantier de voie produit et utilise beaucoup de pièces lourdes et métalliques : rails neufs ou déposés, coupons de rail, traverses, attaches, outillage. Elles sont parfois déposées le long de la voie avant d'être posées, ou après avoir été retirées, en attendant leur évacuation. Tant qu'elles sont là, elles peuvent :

  • se trouver dans le gabarit, l'espace que le train occupe en passant, si elles ont été mal placées ou ont glissé ;
  • être déplacées par un engin, par les vibrations, ou par des personnes étrangères au chantier ;
  • attirer les vols de métaux, un problème connu le long des voies, avec le risque que des pièces soient abandonnées n'importe où.

Gérer les matériaux sur un chantier ferroviaire

La protection des intervenants est encadrée par le décret n° 2017-694, et l'organisation du chantier par le plan de prévention ou le PPSPS. C'est là que doit être prévue la gestion des matériaux. Quelques principes valent sur tous les chantiers :

  1. Prévoir le stockage dès la préparation : Définir dans le plan de prévention où seront déposés les matériaux, hors de la zone dangereuse et hors du gabarit des voies circulées.
  2. Stocker stable et hors gabarit : Poser rails, coupons et traverses à plat, calés, sans risque de glisser vers la voie, et jamais sur une voie qui reste ouverte aux circulations.
  3. Tenir un inventaire : Savoir ce qui a été apporté, posé, déposé et ce qui reste sur site. Une pièce qui manque à l'inventaire doit être recherchée.
  4. Évacuer sans tarder : Limiter la durée de stockage en bord de voie, surtout pour les pièces métalliques qui attirent les vols.
  5. Vérifier que la voie est libre en fin de travaux : Avant de rendre la voie aux circulations, parcourir la zone et s'assurer qu'aucun outil, matériau ou engin ne reste dans le gabarit.
  6. Signaler toute anomalie : Une pièce déplacée, un stock touché, une clôture forcée : on prévient immédiatement le responsable du chantier.

C'est un point que l'on rappelle en formation SECUFER : la zone dangereuse ne s'arrête pas au corps des intervenants. Un outil ou une pièce laissés dans le gabarit sont un danger pour le prochain train, même quand l'équipe est à l'abri.

Un objet sur la voie : comment réagir

Intervenant, riverain, agent d'une entreprise voisine : toute personne qui voit un objet sur une voie ou à proximité immédiate doit réagir vite, mais sans se mettre en danger.

À faire À ne pas faire
Alerter immédiatement : sur un chantier, le responsable de la protection ou le chef de chantier ; sinon les secours (112) ou la policeAller retirer l'objet soi-même en entrant dans la zone dangereuse : un train peut arriver à tout moment
Donner un lieu précis : commune, numéro du passage à niveau, repère kilométrique s'il est visibleSupposer que « quelqu'un a déjà prévenu »
Se tenir à distance et attendre les consignesEssayer d'arrêter un train en se plaçant sur la voie

À un passage à niveau, un numéro d'appel d'urgence est généralement affiché sur place : c'est le moyen le plus direct de prévenir le gestionnaire de la ligne.

Points clés à retenir

  • Le 11 septembre 2026 à Cléon, un TER a déraillé après avoir heurté un rail présent sur la voie : 44 blessés.
  • La cause n'est pas établie ; le BEA-TT examine notamment la gestion des matériaux issus de travaux.
  • Sur un chantier : stocker hors gabarit, arrimer, tenir l'inventaire, évacuer vite.
  • En fin de travaux : vérifier que la voie est libre avant de la rendre aux circulations.
  • Un objet sur la voie : alerter tout de suite, ne jamais aller le retirer soi-même.

Questions fréquentes

Que s'est-il passé à Cléon ?

Le 11 septembre 2026 vers 19h25, un TER Rouen-Caen a heurté un rail présent sur la voie près de Cléon, en Seine-Maritime, et a partiellement déraillé. L'accident a fait 44 blessés.

Connaît-on la cause du déraillement ?

Non. Une enquête judiciaire et une enquête technique du BEA-TT sont en cours. Le parquet a indiqué qu'aucun élément ne permettait d'établir un acte délibéré.

Qu'est-ce que le BEA-TT ?

Le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre mène des enquêtes techniques indépendantes. Il ne recherche pas de responsabilité : il analyse les causes pour émettre des recommandations.

Pourquoi parler des matériaux de chantier ?

Parce que le BEA-TT a annoncé examiner la présence du rail sur la plateforme et la gestion des matériaux issus de travaux. Ce risque concerne toutes les entreprises qui interviennent sur les voies, quelle que soit la conclusion de l'enquête.

Que faire si l'on voit un objet sur une voie ?

Alerter immédiatement le responsable du chantier, ou sinon les secours (112) ou la police, en donnant un lieu précis. Ne jamais aller retirer l'objet soi-même : un train peut arriver à tout moment.

La formation SECUFER traite-t-elle de ce risque ?

Le SECUFER forme au risque lié aux circulations ferroviaires : zone dangereuse, gabarit, protection du chantier. Savoir que rien ne doit rester à portée des trains en fait partie.

Sources et références

Dominique Anton, fondateur et auteur SECUFER

Auteur de l'article

Dominique Anton

Fondateur du Centre SECUFER ADF et auteur de l'ouvrage « Réglementation SECUFER ». Spécialiste du cadre réglementaire de la sécurité ferroviaire (décret n°2017-694).

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Un chantier sûr, c'est aussi une voie rendue libre

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