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Le soudeur de voie ferrée est l'opérateur spécialisé qui assure la jonction des rails entre eux, sur le Réseau Ferré National comme sur les réseaux urbains (métro, tramway). C'est un métier technique, exigeant, qui s'exerce directement sur emprise ferroviaire et qui nécessite obligatoirement une attestation SECUFER valide.

Cette page décrit le métier, le procédé aluminothermique le plus utilisé, les habilitations exigées et la place de la SECUFER dans le parcours du soudeur ferroviaire.

Le métier de soudeur de voie ferrée

Le soudeur ferroviaire intervient pour créer ou réparer les Longs Rails Soudés (LRS), qui constituent l'essentiel des voies modernes. Plutôt que des barres de rail boulonnées, le LRS forme un rail continu de plusieurs centaines de mètres : moins de chocs, moins de bruit, moins d'usure, mais des contraintes thermiques importantes à maîtriser.

Ses principales missions :

  • Préparer les extrémités de rails (coupe, meulage, alignement).
  • Réaliser la soudure aluminothermique entre deux rails.
  • Contrôler la qualité de la soudure (visuel, dimensionnel, ressuage).
  • Réparer les soudures défectueuses ou les rails cassés en exploitation.
  • Travailler en équipe (chef de soudure, soudeur, aide-soudeur, ASP).
  • Respecter les fenêtres travaux négociées avec le gestionnaire d'infrastructure.

Rail UIC 60

Profil le plus courant sur le RFN : 60 kg/m, hauteur 172 mm.

Soudure aluminothermique

Réaction exothermique à 2000-2500 °C dans un creuset.

Voie en exploitation

Soudures fréquemment réalisées entre circulations.

Comment fonctionne la soudure aluminothermique

La soudure aluminothermique est le procédé le plus utilisé sur voie. Le principe est simple : une charge d'oxyde de fer et de poudre d'aluminium est placée dans un creuset réfractaire, au-dessus du joint de rail à souder. L'allumage déclenche une réaction exothermique qui produit du fer en fusion (2000 à 2500 °C) et de l'oxyde d'aluminium.

  1. Préparation. Coupe nette des deux extrémités de rail, meulage, alignement géométrique avec un écartement réglementaire (généralement 25 mm).
  2. Préchauffage. Chalumeau oxy-propane porté à environ 1000 °C pendant quelques minutes.
  3. Coulée. Allumage de la charge dans le creuset, coulée du fer en fusion dans le moule en sable réfractaire entourant le joint.
  4. Démoulage. Après refroidissement contrôlé, retrait du moule et des bavures avec un cisaillement à chaud.
  5. Finition. Meulage profil de roulement, contrôle visuel, parfois contrôle par ressuage ou ultrasons.

L'opération entière prend 30 à 60 minutes par soudure pour une équipe expérimentée. Sur les chantiers de pose de LRS, plusieurs dizaines de soudures peuvent être réalisées par nuit.

Pourquoi la SECUFER est obligatoire pour les soudeurs

Article 4 du décret 2017-694 : tout intervenant sur emprise ferroviaire doit avoir suivi une formation à la sécurité des emprises, valide moins de 3 ans, délivrée par un organisme certifié Qualiopi.

Le soudeur travaille en plein milieu de la voie, parfois entre deux circulations, parfois sous caténaire active. Trois caractéristiques rendent la SECUFER indispensable.

  1. Position fixe et exposition prolongée. Une soudure dure 30 à 60 minutes : le soudeur ne peut pas s'écarter rapidement de la voie. Il doit connaître les distances de sécurité, les signaux d'annonce, les protocoles d'évacuation.
  2. Travail de nuit fréquent. Les chantiers se font souvent entre 23 h et 5 h, en visibilité réduite. La SECUFER traite spécifiquement la perception des trains de nuit, l'usage des EPI haute visibilité (catégorie 3) et les risques psychophysiologiques.
  3. Environnement électrifié. Sous caténaire 1500 V continu ou 25 000 V alternatif, la moindre erreur peut être fatale. La SECUFER rappelle les distances de garde et les consignes en cas d'amorce d'arc.

Sans attestation SECUFER valide, l'accès au chantier est refusé par le représentant de la sécurité ferroviaire (RSF) lors du briefing. La demande d'AAE (Autorisation d'Accès aux Emprises) exige aussi le numéro d'attestation SECUFER de chaque opérateur.

Les autres habilitations du soudeur ferroviaire

La SECUFER est la couche de sécurité générique. Le soudeur doit y ajouter plusieurs qualifications métier.

Qualification soudage

Habilitation soudeur aluminothermique homologuée SNCF Réseau (procédé et fournisseur de moules).

SECUFER + AAE

Attestation SECUFER (3 ans) + Autorisation d'Accès aux Emprises chantier par chantier.

Habilitation électrique

B0/H0V minimum sous caténaire, parfois B2V/H2V selon le type d'intervention.

S'ajoutent souvent : aptitude médicale spécifique au travail en milieu ferroviaire (renouvelée tous les ans), formation aux gestes d'urgence (SST), parfois une habilitation conduite d'engin de voie pour transporter le matériel.

Conditions de travail et risques spécifiques

Le métier comporte des contraintes lourdes qu'il faut connaître avant de s'engager.

  • Travail de nuit et week-end. La majorité des soudures se font hors circulation, donc après 22 h ou en plages weekend. Rythmes décalés, fatigue chronique à gérer.
  • Grands déplacements. Les chantiers LRS sont répartis sur tout le territoire. Beaucoup de soudeurs sont en grand déplacement (hôtel, primes) plusieurs semaines par mois.
  • Chaleur extrême. La réaction aluminothermique dépasse 2000 °C. EPI obligatoires : guêtres anti-projections, lunettes ou écran facial teinté, gants de soudeur, vêtement difficilement inflammable.
  • Charges lourdes et postures. Moules, creusets, charges aluminothermiques, outillage de meulage : port répété de charges à dos courbé. Risque de TMS à long terme.
  • Bruit. Meuleuses, scies de coupe, bruit de circulations à proximité : casque antibruit obligatoire en permanence.
  • Chocs thermiques. Soudure en plein hiver à -5 °C : le rail est froid, le métal d'apport est à 2000 °C. Tolérances géométriques très strictes.

Voir aussi : les risques ferroviaires détaillés et la définition de la zone dangereuse SNCF.

Comment se former au métier

Le parcours-type comporte deux briques.

1. La formation au soudage ferroviaire

  • CAP / Bac pro Soudeur ou Constructions métalliques en formation initiale.
  • Formation continue de quelques semaines en organisme privé (CFA TP, AFPA, organismes Qualiopi spécialisés).
  • Centres de formation intégrés aux grands majors : Eiffage Rail, COLAS Rail, NGE, TSO, ETF.
  • SNCF Réseau forme également ses agents en interne (Centre de formation de la voie).
  • L'aboutissement est une qualification de soudage homologuée par le gestionnaire d'infrastructure (SNCF Réseau, RATP, etc.) pour le procédé et le type de moule utilisé.

2. La formation SECUFER

  • Formation de 7 h en e-learning ou présentiel, dispensée par un organisme Qualiopi (par exemple ADF SECUFER).
  • QCM final, attestation nominative valable 3 ans.
  • Recyclage tous les 3 ans, durée environ 3 h 30.
  • Finançable par l'OPCO de l'employeur (Constructys pour le BTP/TP, OPCO 2i pour l'industrie).

Voir nos tarifs et conditions de formation SECUFER.

Questions fréquentes

Un soudeur de voie ferrée doit-il avoir la SECUFER ?

Oui. Toute personne qui intervient sur emprise ferroviaire doit être titulaire d'une attestation SECUFER valide (décret 2017-694). Le soudeur travaille directement sur la voie, en zone dangereuse, parfois entre deux passages de trains : sans SECUFER, l'accès au chantier est refusé.

Quelles autres habilitations un soudeur ferroviaire doit-il avoir ?

En plus de la SECUFER, le soudeur doit détenir une qualification de soudage homologuée par SNCF Réseau (procédé aluminothermique le plus courant), une visite médicale d'aptitude, l'habilitation électrique adaptée si la voie est électrifiée (B0/H0V), et selon le contexte une habilitation manipulation équipements lourds.

Combien gagne un soudeur de voie ferrée ?

Le salaire dépend de l'expérience, des déplacements et des primes de chantier. Un soudeur débutant qualifié est généralement rémunéré entre 2 200 et 2 800 € brut/mois. Avec expérience et primes (nuit, week-end, grands déplacements), la rémunération peut atteindre 3 500 à 4 500 € brut/mois sur de gros chantiers LRS.

Où se former au métier de soudeur de voie ferrée ?

Plusieurs voies : organismes privés spécialisés (CFA TP, AFPA, organismes Qualiopi), centres de formation des grands majors ferroviaires (Eiffage Rail, COLAS Rail, NGE), formations SNCF Réseau pour les agents internes. La SECUFER se passe en parallèle, par exemple chez ADF SECUFER en e-learning ou présentiel.

Quels sont les risques spécifiques du métier ?

Les principaux risques sont : circulation des trains (heurt, aspiration), brûlures et projections de métal en fusion (la réaction aluminothermique atteint 2000-2500 °C), électrocution sur caténaire 25 kV, troubles musculo-squelettiques (port de charges lourdes, postures), bruit, et travaux de nuit fréquents.

La SECUFER suffit-elle pour souder en gare ou à côté d'une voie active ?

Non. La SECUFER atteste de la connaissance des risques et des règles générales. Pour intervenir en présence de circulations, l'équipe doit aussi être encadrée par un Annonceur-Sentinelle (ASP) ou bénéficier d'un dispositif de protection (ITC, FCT, fermeture de voie). Une AAE (Autorisation d'Accès aux Emprises) spécifique au chantier est aussi obligatoire.

Soudeurs ferroviaires à former à la SECUFER ?

Formation 7 h, finançable OPCO. Attestation sous 48 h après QCM. E-learning ou intra sur site.

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