
En résumé : La sûreté ferroviaire protège contre la malveillance (attentats, intrusions, vols de câbles) et relève de la SUGE, service interne de la SNCF comptant 3 000 agents. La sécurité ferroviaire prévient les accidents du travail sur les emprises et relève du décret n° 2017-694, dit décret SECUFER. La formation SECUFER couvre la sécurité - pas la sûreté. Si vous intervenez sur un chantier ferroviaire, c’est la formation SECUFER qu’il vous faut.
On reçoit régulièrement des appels de chefs de chantier qui demandent "la formation sûreté ferroviaire". En creusant, 9 fois sur 10, ils ont besoin de SECUFER - qui est de la sécurité, pas de la sûreté. La confusion est massive. Et coûteuse : un agent formé au mauvais dispositif, c’est un accès chantier refusé et une journée perdue.
Deux mots proches, deux réalités opposées. On décortique la différence pour de bon.
Qu’est-ce que la sûreté ferroviaire
La sûreté ferroviaire désigne l’ensemble des mesures de protection contre les actes de malveillance sur le réseau ferré français. Elle couvre les intrusions sur les voies, les attentats, les vols de câbles en cuivre, les agressions dans les gares et les dégradations volontaires du matériel roulant.
En 2025, selon le bilan annuel de la SNCF, plus de 22 000 actes de malveillance ont été recensés sur le réseau ferré national, dont 8 500 vols de câbles ayant causé plus de 12 millions d’euros de dégâts.
La SUGE : bras armé de la sûreté SNCF
La SUGE (Sûreté Générale) est le service interne de la SNCF chargé de la sûreté du réseau ferroviaire français. Environ 3 000 agents sont déployés sur l’ensemble du territoire. Depuis la loi du 22 mars 2016 relative à la sécurité dans les transports, les agents de la SUGE disposent de pouvoirs élargis : palpations de sécurité, inspection visuelle des bagages, contrôles d’identité.
On les voit en gare, dans les trains, parfois en tenue civile. Leur mission : dissuader, détecter, intervenir. Un agent de la SUGE n’a rien à voir avec un intervenant sur chantier. Ce sont deux métiers, deux cadres juridiques, deux formations.
Textes qui encadrent la sûreté ferroviaire
- Loi n° 2016-339 du 22 mars 2016 relative à la prévention et à la lutte contre les incivilités, les atteintes à la sécurité publique et les actes terroristes dans les transports collectifs
- Code des transports, articles L2251-1 à L2251-9 (SUGE)
- Arrêté du 28 septembre 2016 relatif aux conditions de port d’armes par les agents de la SUGE
Ce que personne ne dit : la SUGE n’intervient pas sur les chantiers ferroviaires. Son périmètre, c’est les gares, les trains et les abords du réseau côté voyageurs. Un poseur de voies ou un soudeur de rail n’aura jamais affaire à la SUGE dans le cadre de son travail.
Qu’est-ce que la sécurité ferroviaire
La sécurité ferroviaire désigne la prévention des accidents du travail sur les emprises ferroviaires. Elle protège les intervenants contre trois risques majeurs : le heurt par un train, l’électrisation par les caténaires (25 000 volts en courant alternatif ou 1 500 volts en courant continu) et les chutes en zone de voie.
Le décret n° 2017-694 du 2 mai 2017, dit décret SECUFER, impose à tout employeur de former ses salariés avant qu’ils accèdent aux emprises ferroviaires. Cette obligation concerne les entreprises de travaux publics, les prestataires de maintenance, les poseurs de voies, les électriciens ferroviaires - bref, toute personne qui met les pieds sur ou à proximité d’une voie en service.
L’EPSF : le gendarme de la sécurité ferroviaire
L’EPSF (Établissement Public de Sécurité Ferroviaire), créé en 2006, est l’autorité nationale de sécurité ferroviaire en France. Il délivre les agréments de sécurité, contrôle les opérateurs et peut suspendre une autorisation en cas de manquement grave. Le Centre de Formation SECUFER est certifié par l’EPSF pour délivrer les formations conformes au décret.
En pratique, quand un inspecteur EPSF contrôle un chantier et trouve un agent sans attestation SECUFER valide, c’est arrêt immédiat du chantier. On l’a vu à trois reprises en 2025 sur des chantiers en région Sud-Est. Le coût d’un arrêt de chantier dépasse largement celui de la formation.
Ce que la sécurité ferroviaire couvre au quotidien
- Zone dangereuse SNCF : périmètre où le risque de heurt par un train existe. Sa largeur varie selon la vitesse de la ligne (1,50 m à 2,00 m depuis le rail le plus proche)
- Règles de déplacement en emprise : marche à pied, traversée de voies, utilisation des pistes de service
- EPI spécifiques : gilet haute visibilité orange fluo (et non jaune), chaussures de sécurité normalisées, protections auditives en zone LGV
- Procédures d’urgence : que faire en cas de caténaire rompue au sol, d’alerte radio, de mouvement de terrain sur la voie
La sécurité ferroviaire, c’est du concret. Des gestes, des réflexes, des procédures qu’on applique chaque jour sur le terrain. Rien à voir avec la sûreté qui traque les comportements délictueux.
Vous intervenez sur un chantier ferroviaire ?
C’est la formation SECUFER qu’il vous faut - pas la sûreté. 150 € par personne en e-learning. Attestation sous 48 h.
Demander un devisOu appelez-nous : 09 70 70 29 40
Tableau comparatif : sûreté vs sécurité ferroviaire
La distinction entre sûreté et sécurité ferroviaire porte sur l’origine du danger, les acteurs concernés, les formations requises et les textes de référence. Ce tableau synthétise les différences fondamentales.
| Critère | Sûreté ferroviaire | Sécurité ferroviaire |
|---|---|---|
| Définition | Protection contre la malveillance humaine | Prévention des accidents du travail |
| Risques couverts | Attentats, intrusions, vols, agressions, dégradations | Heurt par train, électrisation, chute en zone de voie |
| Acteur principal | SUGE (Sûreté Générale SNCF), police ferroviaire | EPSF, employeurs, centres agréés |
| Formation requise | Formation interne SUGE (plusieurs mois) | Formation SECUFER (7 heures, 1 journée) |
| Public concerné | Agents de sûreté, forces de l’ordre | Intervenants sur chantiers, techniciens, ouvriers |
| Texte de référence | Loi n° 2016-339 du 22 mars 2016 | Décret n° 2017-694 du 2 mai 2017 |
| Validité | Selon habilitation interne | 3 ans, recyclage obligatoire |
| Prix indicatif | Formation interne (non commercialisée) | À partir de 150 € HT par personne |
Un détail qui fait souvent défaut : la sûreté est un monopole SNCF. Vous ne pouvez pas "acheter" une formation sûreté ferroviaire sur le marché. La formation SUGE est interne. La sécurité ferroviaire, elle, est accessible via des organismes agréés comme le Centre SECUFER.
Où intervient la formation SECUFER dans tout ça
La formation SECUFER (Sécurité des Emprises Ferroviaires) se situe exclusivement du côté sécurité. Elle prépare les intervenants à travailler sans se mettre en danger sur les emprises ferroviaires. Aucun module ne traite de la sûreté ou de la lutte contre la malveillance.
Concrètement, la formation SECUFER couvre trois blocs de compétences en 7 heures :
- Connaître l’environnement ferroviaire : identification des voies, caténaires, signalisation, zones de danger
- Appliquer les règles de déplacement : marche en emprise, traversée de voies, respect des distances de sécurité
- Réagir aux situations d’urgence : procédures d’alerte, conduite en cas de caténaire tombée, premiers réflexes
Pourquoi tant de confusion entre les deux
En français, sûreté et sécurité sont quasi synonymes dans le langage courant. En ferroviaire, la distinction est juridique et opérationnelle. Un client nous a appelé en janvier 2026 pour "former 15 agents à la sûreté ferroviaire". Après 5 minutes de discussion : ses agents devaient poser des rails sur une LGV. Ils avaient besoin de SECUFER, pas de SUGE.
Le problème vient aussi de Google. Quand on tape "sûreté ferroviaire", les résultats mélangent SUGE, SECUFER, police des transports et réglementation européenne. Difficile de s’y retrouver sans connaître le secteur.
Qui a vraiment besoin de la formation SECUFER
Toute personne qui accède physiquement aux emprises ferroviaires pour y travailler. La liste est large :
- Ouvriers et techniciens de travaux publics (terrassement, génie civil)
- Poseurs de voies et soudeurs de rail
- Électriciens ferroviaires (caténaires, signalisation)
- Conducteurs d’engins sur chantier ferroviaire, annonceurs-sentinelles
- Chefs de chantier et conducteurs de travaux
- Agents de maintenance des infrastructures
Pour ceux qui interviennent à proximité des installations électriques, la formation SECUFER est le prérequis avant les habilitations KH0/KB0. Sans SECUFER valide, pas d’accès au chantier, point final.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre sûreté ferroviaire et sécurité ferroviaire ?
La sûreté ferroviaire protège contre les actes de malveillance : attentats, intrusions, vols de câbles. Elle relève de la SUGE (3 000 agents SNCF) et de la police des transports. La sécurité ferroviaire prévient les accidents du travail sur les emprises : risque de heurt, électrisation, chute. Elle est encadrée par le décret n° 2017-694 et couverte par la formation SECUFER.
La formation SECUFER concerne-t-elle la sûreté ou la sécurité ?
Exclusivement la sécurité. La formation SECUFER enseigne les risques d’accident en emprise ferroviaire : circulation des trains, installations électriques (caténaires 25 kV), zones dangereuses. La sûreté (lutte anti-malveillance) n’est pas abordée dans le programme SECUFER.
Qu’est-ce que la SUGE dans le ferroviaire ?
La SUGE (Sûreté Générale) est le service de sûreté interne de la SNCF. Ses 3 000 agents protègent les voyageurs et le réseau contre la malveillance. Ils disposent de pouvoirs de police spéciaux depuis la loi du 22 mars 2016 : verbalisation, inspection des bagages, contrôle d’identité. La SUGE n’intervient pas sur les chantiers ferroviaires.
Faut-il une formation spécifique pour la sûreté ferroviaire ?
Oui, mais cette formation n’est pas accessible sur le marché. Les agents SUGE suivent un cursus interne SNCF de plusieurs mois (droit pénal, techniques d’intervention, gestion de foule). Cette formation est réservée aux agents recrutés par la SUGE. Pour travailler sur un chantier ferroviaire, c’est la formation SECUFER qu’il faut passer.
Qui est responsable de la sécurité ferroviaire en France ?
L’EPSF (Établissement Public de Sécurité Ferroviaire), créé en 2006, est l’autorité nationale compétente. Il délivre les autorisations de mise en exploitation commerciale, contrôle les opérateurs ferroviaires et supervise l’application du décret n° 2017-694 qui rend la formation SECUFER obligatoire pour tout intervenant en emprise.
Un intervenant sur chantier ferroviaire a-t-il besoin de la formation sûreté SUGE ?
Non. Un intervenant sur chantier a besoin de la formation SECUFER (sécurité), pas de la SUGE (sûreté). La SECUFER couvre les risques d’accident : circulation des trains, risques électriques, règles de déplacement. La SUGE forme des agents de police interne pour lutter contre la délinquance et le terrorisme dans les transports.
La zone dangereuse SNCF relève-t-elle de la sûreté ou de la sécurité ?
De la sécurité. La zone dangereuse SNCF désigne le périmètre autour des voies où un train en circulation peut heurter une personne. Sa délimitation (entre 1,50 m et 2,00 m du rail selon la vitesse de la ligne) et les règles d’évacuation sont enseignées dans la formation SECUFER. La sûreté ne s’occupe pas de ce périmètre.
Formation SECUFER : sécurité, pas sûreté
150 € par personne en e-learning ou présentiel partout en France. Attestation délivrée sous 48 h. Financement OPCO à 100 %.
Demander un devisOu appelez-nous : 09 70 70 29 40