
L'essentiel
- Le TGV M, nouvelle génération de TGV construite par Alstom, accueille ses premiers voyageurs le 6 novembre 2026 entre Paris et Marseille, sous la marque TGV Inoui
- Il offre environ 20 % de places en plus et permet à une personne en fauteuil roulant de monter à bord en autonomie. Sa vitesse maximale reste 320 km/h, comme les TGV actuels les plus rapides
- Pour les équipes qui travaillent sur ou près des voies, les règles ne changent pas : la protection repose sur l'annonce des circulations ou sur une voie fermée, jamais sur les horaires ou sur l'habitude
- À 320 km/h, un train parcourt un kilomètre en 11 secondes environ : quand on le voit, il est trop tard pour commencer à se dégager
- Un nouveau matériel est l'occasion de rappeler une règle de base : on ne reconnaît pas un train, on se protège de tous
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Épisode 12 du podcast du Centre SECUFER · 3 min 17
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Introduction
Animatrice : Bonjour et bienvenue dans le podcast du Centre SECUFER ADF, le podcast qui parle de sécurité sur les voies ferrées. Aujourd'hui, on parle d'un nouveau venu sur les rails : le TGV M.
Intervenant : La nouvelle génération de TGV, qui accueille ses premiers voyageurs ce six novembre entre Paris et Marseille. Pour les voyageurs, c'est un nouveau train. Pour ceux qui travaillent sur les voies, c'est surtout l'occasion de rappeler quelques règles.
Le TGV M en bref
Animatrice : Alors, c'est quoi exactement, le TGV M ?
Intervenant : C'est la cinquième génération de TGV, construite par Alstom pour la SNCF. Il circule sous la marque TGV Inoui. Il devait rouler pour les Jeux olympiques de deux mille vingt-quatre, mais son lancement a été repoussé plusieurs fois.
Animatrice : Qu'est-ce qu'il a de nouveau ?
Intervenant : Environ vingt pour cent de places en plus. Et c'est le premier TGV où une personne en fauteuil roulant peut monter à bord seule, grâce à un élévateur intégré. Il a reçu son autorisation de l'Agence européenne des chemins de fer au printemps, après plus d'un million de kilomètres d'essais.
Animatrice : Et il va plus vite ?
Intervenant : Non. Sa vitesse maximale reste de trois cent vingt kilomètres à l'heure, comme les TGV actuels les plus rapides. Paris-Marseille, ça reste environ trois heures.
Ce qui ne change pas
Animatrice : Pour une équipe qui travaille sur les voies, qu'est-ce que ça change ?
Intervenant : Rien, en ce qui concerne les règles. La protection des salariés reste encadrée par le décret deux mille dix-sept, six cent quatre-vingt-quatorze. Et sur le terrain, elle repose toujours sur l'un de ces deux principes.
Animatrice : Lesquels ?
Intervenant : Soit la voie est fermée aux circulations, et c'est confirmé avant d'entrer. Soit les trains sont annoncés, et l'équipe se dégage dès l'annonce. Un TGV M, un ancien TGV, un TER ou un train de fret : la réaction est exactement la même.
Animatrice : Et un TGV ne roule pas que sur les lignes à grande vitesse.
Intervenant : Exactement. À l'approche des gares, les TGV empruntent aussi des lignes classiques, au milieu des autres trains, à côté de chantiers ordinaires.
La vitesse en chiffres
Animatrice : Parlons vitesse. Trois cent vingt kilomètres à l'heure, ça représente quoi, concrètement ?
Intervenant : Environ quatre-vingt-neuf mètres par seconde. Autrement dit, un kilomètre en onze secondes à peu près.
Animatrice : Onze secondes. C'est le temps de ramasser un outil.
Intervenant : C'est pour ça qu'on ne se dégage jamais quand on voit le train. On se dégage dès l'annonce, avec un délai calculé à l'avance pour que toute l'équipe soit à l'abri avant son arrivée. Et pendant le passage, on reste hors de la zone dangereuse, à cause de l'effet de souffle.
Le piège de l'habitude
Animatrice : Vous dites qu'un nouveau train rappelle aussi le piège de l'habitude.
Intervenant : Oui. Sur un chantier, on finit par connaître sa ligne. Les trains du matin, le creux de l'après-midi. Mais ces repères ne protègent pas.
Animatrice : Pourquoi ?
Intervenant : D'abord, on ne doit pas avoir besoin de reconnaître un train pour réagir. Tout ce qui circule sur une voie ouverte est un danger. Ensuite, il y a des circulations hors des horaires habituels : des essais, des acheminements de rames, des trains de travaux. Et puis la grille évolue. Ce qui était vrai le mois dernier ne l'est plus forcément.
Animatrice : Donc les horaires, ce n'est jamais une protection.
Intervenant : Jamais. Un train peut arriver à tout moment, et dans les deux sens. Y compris sur la voie d'à côté.
Conclusion
Animatrice : Si on ne devait retenir qu'une seule chose ?
Intervenant : Nouveau train, mêmes règles. On ne se protège pas d'un train en particulier, on se protège de tous : voie fermée confirmée, ou annonce, et rien d'autre.
Animatrice : Merci. Vous retrouverez l'article complet et ses sources dans le blog de notre site, centre secufer point f r. À bientôt !
Après plus de deux ans de retard, le TGV M entre en service commercial. Plus de places, un accès autonome pour les voyageurs en fauteuil roulant, une consommation d'énergie annoncée en baisse : c'est la cinquième génération de TGV. Pour les voyageurs, c'est un nouveau train. Pour ceux qui travaillent sur les voies, c'est surtout l'occasion de rappeler une évidence qu'on oublie parfois : la sécurité d'un chantier ne dépend jamais du train qui arrive.
Le TGV M en bref
Le TGV M a été conçu par Alstom pour SNCF Voyageurs. Il devait d'abord rouler pour les Jeux olympiques de 2024. Son lancement a ensuite été repoussé plusieurs fois, jusqu'à l'annonce d'un premier voyage commercial le vendredi 6 novembre 2026.
| Élément | Ce qui a été annoncé |
|---|---|
| Premier voyage commercial | Vendredi 6 novembre 2026, Paris Gare de Lyon - Marseille Saint-Charles, sous la marque TGV Inoui |
| Autorisation | Mise sur le marché autorisée par l'Agence de l'Union européenne pour les chemins de fer (ERA), annonce d'Alstom du 29 mai 2026 |
| Essais | Plus d'un million de kilomètres d'essais, dont des essais à 320 km/h sur le réseau français, puis plusieurs semaines de pré-roulages entre Paris et Marseille |
| Vitesse maximale | 320 km/h, comme les TGV actuels les plus rapides : Paris-Marseille reste à environ trois heures |
| Capacité | Environ 20 % de places en plus par rame |
| Accessibilité | Élévateur intégré permettant à une personne en fauteuil roulant de monter seule à bord |
| Déploiement | Quelques rames au lancement, puis une quinzaine par an. Extensions prévues vers Nice, les Alpes et le Languedoc-Roussillon, sans date fixée |
Ce qui ne change pas pour les chantiers
Un nouveau train ne modifie pas la réglementation. La protection des salariés exposés au risque ferroviaire reste encadrée par le décret n° 2017-694, et l'organisation de chaque chantier par son plan de prévention ou son PPSPS.
Sur le terrain, la protection d'une équipe repose toujours sur l'un de ces deux principes :
- soit la voie est fermée aux circulations, et cette fermeture a été confirmée avant d'entrer ;
- soit les circulations sont annoncées (par un annonceur, une sentinelle ou un système d'annonce), et l'équipe se dégage dès l'annonce.
Ni l'un ni l'autre ne dépend du type de train. Un TGV M, un TGV de génération précédente, un TER ou un train de fret appellent exactement la même réaction.
Un TGV ne circule d'ailleurs pas seulement sur les lignes à grande vitesse. À l'approche des gares et sur une partie de leur parcours, les TGV empruntent des lignes classiques, au milieu des autres trains, à côté de chantiers ordinaires. Le TGV M ne fera pas exception.
La vitesse en chiffres : le temps de réagir
Le TGV M ne va pas plus vite que les TGV actuels. Mais la vitesse d'un train à grande vitesse reste difficile à se représenter. Voici la distance parcourue en une seconde et le temps mis pour parcourir un kilomètre, à vitesse constante :
| Vitesse du train | Distance en 1 seconde | Temps pour 1 km |
|---|---|---|
| 160 km/h | environ 44 m | environ 23 s |
| 220 km/h | environ 61 m | environ 16 s |
| 320 km/h | environ 89 m | environ 11 s |
Autrement dit, un train aperçu au loin peut être là le temps de ramasser un outil. C'est pour cela que l'on ne se dégage pas « quand on voit le train », mais dès l'annonce, avec un délai calculé à l'avance pour que toute l'équipe soit à l'abri avant son arrivée. Au passage, il faut aussi tenir compte de l'effet de souffle, d'autant plus fort que le train est rapide.
Nouveau train : le piège de l'habitude
Sur un chantier, l'habitude est un faux ami. On finit par « connaître » sa ligne : les trains du matin, le creux de l'après-midi, le fret de la nuit. L'arrivée d'un nouveau matériel rappelle que ces repères ne protègent pas :
- une silhouette nouvelle : on ne doit pas avoir besoin de reconnaître un train pour réagir. Tout ce qui circule sur une voie ouverte est un danger ;
- des circulations hors des horaires habituels : avant et pendant la mise en service d'un nouveau train, des essais, des pré-roulages et des acheminements de rames circulent sur le réseau. Plus largement, des trains de travaux, des machines ou des circulations décalées peuvent arriver à tout moment, et dans les deux sens ;
- une grille qui évolue : l'arrivée de nouvelles rames, puis de nouvelles dessertes, modifie peu à peu les horaires. Ce qui était vrai le mois dernier ne l'est plus forcément.
C'est un point que l'on rappelle en formation SECUFER : la protection ne repose jamais sur ce que l'on croit savoir des circulations. Elle repose sur une voie fermée confirmée ou sur une annonce, et sur rien d'autre.
Se protéger, quel que soit le train
Ces principes s'appliquent à toutes les équipes qui interviennent sur ou près des voies, quel que soit le matériel qui y circule :
- Vérifier la protection avant d'entrer : Ne jamais s'engager sur ou près d'une voie sans savoir si elle est fermée aux circulations, avec confirmation, ou protégée par une annonce en place et opérationnelle.
- Ne jamais se fier aux horaires : Les horaires changent, des circulations d'essai, de travaux ou décalées peuvent arriver à tout moment. Seules l'annonce ou la fermeture de la voie protègent.
- Considérer toute voie ouverte comme parcourue : Un train peut arriver à tout moment et dans les deux sens, y compris sur la voie voisine de celle où l'on travaille.
- Se dégager dès l'annonce : Quitter la zone dangereuse dès l'annonce, sans attendre de voir ou d'entendre le train, et sans revenir chercher un outil.
- Rester à l'abri pendant le passage : Se tenir hors de la zone dangereuse, face à la voie, tant que le train n'est pas entièrement passé, en tenant compte de l'effet de souffle.
- Signaler toute circulation inattendue : Un train non annoncé ou une annonce tardive : on se dégage, puis on prévient immédiatement le responsable de la protection ou le chef de chantier.
Points clés à retenir
- Le TGV M entre en service le 6 novembre 2026 entre Paris et Marseille, avec environ 20 % de places en plus et une vitesse maximale de 320 km/h.
- Pour les chantiers, les règles ne changent pas : voie fermée confirmée ou annonce des circulations.
- À 320 km/h, un train parcourt 1 km en 11 secondes environ : on se dégage dès l'annonce, pas à la vue du train.
- Ni les horaires ni l'habitude ne protègent : tout train peut arriver à tout moment, dans les deux sens.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le TGV M ?
C'est la nouvelle génération de TGV, construite par Alstom pour SNCF Voyageurs. Il offre environ 20 % de places en plus et permet à une personne en fauteuil roulant de monter à bord en autonomie.
Quand le TGV M entre-t-il en service ?
Son premier voyage commercial est prévu le vendredi 6 novembre 2026 entre Paris Gare de Lyon et Marseille Saint-Charles, sous la marque TGV Inoui. D'autres rames et d'autres destinations doivent suivre progressivement.
Le TGV M roule-t-il plus vite que les TGV actuels ?
Non. Sa vitesse maximale en service commercial est de 320 km/h, comme les TGV actuels les plus rapides. À cette vitesse, un train parcourt environ 89 mètres par seconde.
Le TGV M change-t-il les règles de sécurité sur les chantiers ?
Non. La protection des salariés exposés reste encadrée par le décret n° 2017-694 : voie fermée aux circulations ou annonce des trains. Ces règles s'appliquent de la même façon à tous les trains.
Pourquoi ne pas se fier aux horaires des trains ?
Parce que des circulations d'essai, de travaux, des retards ou des changements de grille peuvent amener un train à tout moment. Les horaires ne sont jamais un moyen de protection.
La formation SECUFER traite-t-elle de ce risque ?
Oui. Le SECUFER forme au risque lié aux circulations ferroviaires : zone dangereuse, annonce, dégagement, effet de souffle. Ces règles valent quel que soit le train qui circule.
Sources et références
- Alstom - Le TGV M obtient l'autorisation de mise sur le marché délivrée par l'ERA (29 mai 2026).
- Journal du Geek - Les nouveaux TGV entrent en circulation le 6 novembre (19 octobre 2026).
- ICI - Le nouveau TGV M arrive sur la ligne Paris-Lyon-Marseille ce vendredi.
- Légifrance - Décret n° 2017-694 du 2 mai 2017.
- Formation SECUFER : programme et cadre réglementaire (page interne).
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