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Ce que risque l'employeur en cas de défaut de SECUFER

  • Amende pénale jusqu'à 10 000 € par salarié concerné (art. L.4741-1 du Code du travail)
  • En cas de récidive : 30 000 € et 1 an d'emprisonnement
  • En cas d'accident : responsabilité pénale (blessures ou homicide involontaires)
  • Faute inexcusable : majoration de rente et indemnisation complète de la victime
  • La seule vraie parade : former et tracer (attestation, émargement, recyclage)

La formation SECUFER n'est pas une simple formalité : c'est une obligation réglementaire pour toute personne intervenant sur ou à proximité des voies ferrées (décret n°2017-694). Envoyer un salarié non formé sur une emprise ferroviaire, c'est exposer l'entreprise à des sanctions pénales, et l'employeur à une responsabilité personnelle pouvant aller, en cas d'accident, jusqu'à la faute inexcusable. Cette page fait le point, article de loi par article de loi, sur ce que risque réellement l'employeur.

L'obligation de former : ce que dit la loi

Le point de départ est l'obligation générale de sécurité qui pèse sur tout employeur. Les articles L.4121-1 et L.4121-2 du Code du travail imposent de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs, ce qui inclut expressément leur information et leur formation. L'article L.4141-2 précise que l'employeur organise une formation pratique et appropriée à la sécurité.

Pour le domaine ferroviaire, cette obligation générale se double d'une obligation spécifique : le décret n°2017-694 du 2 mai 2017 impose la formation SECUFER à tous les intervenants en emprise. Autrement dit, la formation SECUFER n'est pas laissée à l'appréciation de l'entreprise : elle est obligatoire et opposable.

Sanctions pénales : amendes et peines

Le manquement aux règles de santé et de sécurité est sanctionné par l'article L.4741-1 du Code du travail, même en l'absence de tout accident. Un contrôle de l'inspection du travail suffit à caractériser l'infraction.

  • 10 000 € d'amende par infraction constatée ;
  • l'amende est due autant de fois qu'il y a de salariés concernés : cinq salariés non formés, c'est cinq fois l'amende ;
  • en cas de récidive : 30 000 € d'amende et 1 an d'emprisonnement.

Lorsque l'infraction est imputée à la personne morale (l'entreprise elle-même, art. 121-2 du Code pénal), le montant de l'amende encourue est porté au quintuple. Le coût d'un défaut de formation généralisé peut donc rapidement se chiffrer en dizaines de milliers d'euros.

En cas d'accident : responsabilité pénale aggravée

Si un accident survient et qu'un salarié est blessé ou tué, l'employeur (ou son délégataire) s'expose à des poursuites pour blessures involontaires (art. 222-19 et 222-20 du Code pénal) ou homicide involontaire (art. 221-6 du Code pénal). Le fait d'avoir envoyé sur les voies un salarié non formé à une formation obligatoire est un élément lourd : il caractérise le lien entre le manquement et le dommage, et peut faire basculer la faute vers la faute caractérisée ou délibérée, qui aggrave la répression.

La faute inexcusable de l'employeur

Sur le terrain de l'indemnisation, le risque majeur porte un nom : la faute inexcusable (articles L.452-1 à L.452-5 du Code de la sécurité sociale). Elle est caractérisée lorsque l'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel le salarié était exposé et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires pour l'en préserver.

Les conséquences financières sont lourdes :

  • Majoration de la rente versée à la victime ou à ses ayants droit (art. L.452-2) ;
  • Indemnisation complémentaire des préjudices : souffrances physiques et morales, préjudice esthétique et d'agrément, perte de chance de promotion (art. L.452-3) ;
  • la caisse (CPAM) verse ces sommes puis se retourne contre l'employeur pour en récupérer le montant.

Or, l'absence d'une formation obligatoire comme le SECUFER est un argument très favorable à la reconnaissance de la faute inexcusable : le danger ferroviaire est connu, la formation est imposée par un décret, et ne pas l'avoir dispensée démontre que l'employeur n'a pas pris la mesure de prévention prévue par la loi.

Donneur d'ordre et sous-traitance

La responsabilité ne s'arrête pas à l'employeur direct. Sur un chantier ferroviaire, le donneur d'ordre (SNCF Réseau, maître d'ouvrage, entreprise principale) exige la preuve que chaque intervenant détient une attestation SECUFER valide avant tout accès aux emprises. Un sous-traitant qui présente des salariés non formés s'expose à l'arrêt immédiat du chantier, à la résiliation du marché et à sa mise en cause. Côté donneur d'ordre, le défaut de contrôle des habilitations peut engager sa propre responsabilité en cas d'accident.

Comment se protéger : former et tracer

La protection juridique de l'employeur repose sur un principe simple : prouver qu'il a rempli son obligation. Cela suppose de conserver des preuves opposables :

  • Former tous les intervenants avant l'accès aux voies (formation SECUFER, 7 h) ;
  • conserver l'attestation SECUFER de chaque salarié et les feuilles d'émargement ;
  • respecter le recyclage tous les 3 ans pour maintenir la validité ;
  • intégrer la formation SECUFER au plan de développement des compétences et à l'accueil sécurité des nouveaux ;
  • désigner un encadrant SECUFER qualifié pour organiser et superviser les interventions.

Notre charte qualité et notre certification Qualiopi garantissent une traçabilité complète : attestation nominative, émargement et programme conforme au décret 2017-694, autant de pièces qui protègent l'employeur en cas de contrôle ou de contentieux.

Questions fréquentes

Quelle amende en cas de défaut de formation SECUFER ?

L'article L.4741-1 du Code du travail prévoit une amende de 10 000 €, due autant de fois qu'il y a de salariés concernés, même sans accident. En cas de récidive, la peine monte à 30 000 € et 1 an d'emprisonnement.

L'employeur est-il pénalement responsable en cas d'accident ?

Oui. En cas de blessures ou de décès, l'employeur peut être poursuivi pour blessures involontaires (art. 222-19, 222-20 du Code pénal) ou homicide involontaire (art. 221-6). Avoir envoyé un salarié non formé à une formation obligatoire aggrave la caractérisation de la faute.

Qu'est-ce que la faute inexcusable de l'employeur ?

C'est un manquement à l'obligation de sécurité alors que l'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger (art. L.452-1 à L.452-5 du Code de la sécurité sociale). Elle entraîne une majoration de la rente et l'indemnisation complémentaire des préjudices de la victime.

Le défaut de SECUFER peut-il caractériser une faute inexcusable ?

Oui, très probablement. Le danger ferroviaire est connu et la formation SECUFER est imposée par le décret 2017-694. Ne pas l'avoir dispensée démontre que l'employeur n'a pas pris une mesure de prévention légalement obligatoire.

Comment l'employeur peut-il se protéger juridiquement ?

En formant tous les intervenants avant l'accès aux voies, en conservant les attestations SECUFER et les feuilles d'émargement, et en respectant le recyclage tous les 3 ans. La traçabilité est la meilleure défense en cas de contrôle ou de contentieux.

Références réglementaires

Cette page a une vocation d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une situation précise, rapprochez-vous d'un professionnel du droit.

Dominique Anton, fondateur et auteur SECUFER

Auteur de l'article

Dominique Anton

Fondateur du Centre SECUFER ADF et auteur de l'ouvrage « Réglementation SECUFER ». Spécialiste du cadre réglementaire de la sécurité ferroviaire (décret n°2017-694).

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