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Deux agents en tenue haute visibilité derrière la clôture d'une ligne ferroviaire où se croisent un train à grande vitesse et un train régional
Plusieurs opérateurs sur les mêmes voies : pour ceux qui travaillent à côté, le réseau reste un seul réseau, avec les mêmes règles.

L'essentiel

  • Les TGV sont ouverts à la concurrence depuis décembre 2020. Pour les TER, tout nouveau contrat conclu depuis le 25 décembre 2023 doit être mis en concurrence, et tout le réseau régional le sera d'ici 2033
  • À la mi-2026, 15 lots régionaux sur plus de 50 ont été attribués : 10 à SNCF Voyageurs, 2 à Transdev, 2 à RATP et 1 au groupement SNCF-Keolis
  • Ce qui ne change pas : il y a un seul réseau, géré par SNCF Réseau, et la protection des intervenants relève toujours du décret 2017-694
  • Ce qui change sur le terrain : plus de trains, des trains que l'on ne connaît pas, de nouveaux employeurs et de nouveaux sites de maintenance
  • Le SECUFER ne dépend pas de l'opérateur : il forme à un risque, celui des circulations, quel que soit le nom inscrit sur le train

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Épisode 5 du podcast du Centre SECUFER · 4 min 23

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Introduction

Animatrice : Bonjour et bienvenue dans le podcast du Centre SECUFER ADF, le podcast qui parle de sécurité sur les voies ferrées. Aujourd'hui, un sujet d'actualité : l'ouverture à la concurrence du rail.

Intervenant : Un Frecciarossa italien entre Paris et Marseille, un TER exploité par Transdev sur la Côte d'Azur, et bientôt de nouveaux TGV sur l'axe Atlantique. La concurrence, elle est déjà sur les rails.

Animatrice : On en parle surtout pour le prix des billets. Mais vous, ce qui vous intéresse, c'est autre chose.

Intervenant : Exactement : qu'est-ce que ça change pour ceux qui travaillent sur les voies, ou juste à côté ?

Deux calendriers

Animatrice : Commençons par le calendrier. Tout n'a pas ouvert en même temps ?

Intervenant : Non, il y a deux logiques. Pour les TGV, c'est le libre accès depuis décembre deux mille vingt : une entreprise autorisée demande des créneaux à SNCF Réseau et fait rouler ses trains, à ses risques.

Animatrice : Et pour les TER ?

Intervenant : Là, ce sont les régions qui paient. Elles lancent des appels d'offres, ligne par ligne ou par groupe de lignes. Depuis le vingt-cinq décembre deux mille vingt-trois, tout nouveau contrat doit être mis en concurrence. Et d'ici deux mille trente-trois, tout le réseau régional l'aura été.

Où en est-on

Animatrice : Concrètement, où en est-on aujourd'hui ?

Intervenant : L'Autorité de régulation des transports a fait le point cet été. À la mi-deux mille vingt-six, quinze lots régionaux ont été attribués, sur plus de cinquante prévus. La SNCF en a gagné dix, Transdev deux, la RATP deux.

Animatrice : Donc la SNCF garde l'essentiel.

Intervenant : Oui, mais attention : même quand elle gagne, ce sont des sociétés dédiées qui exploitent les lignes, avec leur propre organisation. Et la ligne Marseille, Toulon, Nice est exploitée par Transdev depuis fin juin deux mille vingt-cinq.

Ce qui ne change pas

Animatrice : Alors, pour un intervenant sur les voies, qu'est-ce qui change ?

Intervenant : D'abord ce qui ne change pas, et c'est le plus important : la concurrence porte sur les trains, pas sur les voies. Il y a toujours un seul réseau, géré par SNCF Réseau, qui organise les travaux et la protection des chantiers.

Animatrice : Et les règles de sécurité ?

Intervenant : Les mêmes pour tout le monde. Chaque opérateur doit obtenir un certificat de sécurité avant de faire rouler un train. Et les salariés qui travaillent à proximité des voies restent protégés par le même texte, le décret deux mille dix-sept, six cent quatre-vingt-quatorze.

Animatrice : Autrement dit, on ne se protège pas d'un opérateur.

Intervenant : On se protège d'un train. Quelle que soit sa couleur.

Ce qui change sur le terrain

Animatrice : Mais sur le terrain, il y a quand même des différences.

Intervenant : Oui, plusieurs. La première : plus de trains. Les nouveaux contrats augmentent souvent l'offre. Sur la Côte d'Azur, l'offre a même bondi de soixante-dix pour cent. Il y a donc moins de temps entre deux circulations.

Animatrice : Et donc on ne se fie jamais aux horaires habituels.

Intervenant : Jamais. La protection, c'est l'annonce des trains ou une voie fermée. Pas la grille horaire. Deuxième différence : des trains qu'on ne connaît pas. Nouvelles formes, nouvelles couleurs, nouveaux bruits.

Animatrice : Le réflexe de reconnaître un train ne sert plus à rien.

Intervenant : Il n'a jamais été une protection. À l'annonce, on se dégage, sans chercher à savoir quel train arrive. Et puis il y a de nouveaux sites : des ateliers de maintenance construits par les nouveaux opérateurs. Ils sont souvent installés tout près des voies en service.

Animatrice : Avec de nouveaux interlocuteurs.

Intervenant : C'est le dernier point. Gestionnaire du réseau, exploitant, région, donneur d'ordre : la chaîne s'allonge. Avant de commencer, il faut savoir qui autorise l'accès, qui protège le chantier, et qui prévenir en cas de problème.

Pour les entreprises

Animatrice : Et pour les entreprises, c'est plutôt une bonne nouvelle ?

Intervenant : Ce sont de nouveaux marchés : construction des ateliers, aménagement des gares, travaux confiés avec certains lots. Mais un nouveau donneur d'ordre n'invente pas de nouvelles exigences. Il vérifie les mêmes.

Animatrice : À savoir ?

Intervenant : Que chaque salarié exposé a suivi sa formation SECUFER, avec une attestation à jour. Et qu'on se prépare à l'autorisation d'accès écrite, obligatoire au premier janvier deux mille vingt-huit.

Animatrice : Et pour quelqu'un qui travaillerait pour un nouvel opérateur, il faut un SECUFER différent ?

Intervenant : Non. Le SECUFER forme à un risque, celui des circulations ferroviaires. La même attestation vaut quel que soit l'opérateur.

Conclusion

Animatrice : Si on ne devait retenir qu'une seule chose ?

Intervenant : Que les trains changent de nom, mais pas les règles. Plus de trains, des trains inconnus : on se dégage à l'annonce, toujours.

Animatrice : Merci. Vous retrouverez l'article complet, avec toutes ses sources, dans le blog de notre site, centre secufer point f r. Et si vous devez former vos équipes, vous pouvez y demander un devis. À bientôt !

Un Frecciarossa rouge entre Paris et Marseille, un TER Transdev sur la Côte d'Azur, bientôt des TGV à deux niveaux d'un nouvel opérateur sur l'axe Atlantique. L'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs n'est plus un projet : elle est sur les rails. On en parle surtout pour les prix des billets. Pour les entreprises qui travaillent sur ou à côté des voies, la vraie question est ailleurs : qu'est-ce que cela change pour la sécurité des chantiers ?

Grandes lignes et TER : deux calendriers différents

L'ouverture découle du quatrième paquet ferroviaire européen, transposé en France par la loi du 27 juin 2018 pour un nouveau pacte ferroviaire. Elle suit deux logiques.

  • Les trains commerciaux (TGV et grandes lignes) fonctionnent en libre accès depuis décembre 2020. Toute entreprise ferroviaire autorisée peut demander des sillons à SNCF Réseau et faire rouler ses trains, à ses risques. C'est ainsi que Trenitalia relie Paris, Lyon et Milan depuis fin 2021, puis Paris et Marseille depuis 2025, et que la Renfe relie depuis 2023 Lyon et Marseille à l'Espagne.
  • Les trains régionaux (TER, Intercités, Transilien) sont financés par les régions ou l'État. Ici, il n'y a pas de libre accès : l'autorité organisatrice lance un appel d'offres par lot de lignes et choisit un exploitant pour plusieurs années. Tout nouveau contrat conclu depuis le 25 décembre 2023 doit passer par une mise en concurrence, et l'ensemble des services régionaux devra l'avoir été d'ici décembre 2033.

Où en est-on en 2026

L'Autorité de régulation des transports a publié en juillet 2026 un premier bilan chiffré. Ses principaux constats :

Indicateur Situation à la mi-2026
Lots régionaux attribués15 sur plus de 50 prévus d'ici 2033
Répartition10 lots pour SNCF Voyageurs, 2 pour Transdev, 2 pour RATP, 1 pour le groupement SNCF-Keolis
Part de l'offre attribuée86 % pour l'opérateur historique, 9 % pour RATP, 4 % pour Transdev
Lots déjà en exploitation en 2025Sud Azur, Étoile d'Amiens, Loire Océan, Inter-métropoles (Marseille-Toulon-Nice) et deux lots de tram-trains en Île-de-France
Grande vitesseConcurrence sur quatre marchés (SNCF, Trenitalia, Renfe), environ 2 % du marché national, mais plus de 20 % de fréquences en plus sur Paris-Lyon et Paris-Marseille

Deux points à retenir. D'abord, même quand la SNCF gagne, ce n'est plus tout à fait la même SNCF : les lots sont exploités par des sociétés dédiées, filiales de SNCF Voyageurs, avec leur propre organisation. Ensuite, la première ligne régionale perdue par la SNCF, Marseille-Toulon-Nice, est exploitée par Transdev depuis le 29 juin 2025, pour dix ans. Côté grande vitesse, le nouvel opérateur Velvet (ex-Proxima) a présenté sa première rame en avril 2026 et prévoit ses premiers trains sur l'axe Atlantique en 2028.

Ce qui ne change pas : un réseau, des règles

Pour un intervenant, l'essentiel est là : la concurrence porte sur les trains, pas sur les voies.

  • Un seul gestionnaire de l'infrastructure. Sur le réseau ferré national, SNCF Réseau attribue les sillons, organise les travaux et la protection des chantiers, quel que soit l'opérateur des trains.
  • Les mêmes exigences de sécurité pour tous les opérateurs. Chaque entreprise ferroviaire doit détenir un certificat de sécurité unique avant de faire rouler des trains. Transdev a par exemple obtenu le sien de l'EPSF en septembre 2024 pour sa ligne Marseille-Nice.
  • La même réglementation pour les travailleurs exposés. Le décret n° 2017-694 protège les salariés qui interviennent dans la zone où circulent des trains. Il ne fait aucune différence selon l'exploitant : le danger, c'est la circulation, pas la couleur du train.

C'est un point que l'on rappelle en formation SECUFER : on ne se protège pas d'un opérateur, on se protège d'un train. Les règles de la zone dangereuse et du dégagement sont les mêmes pour tous.

Ce qui change pour ceux qui travaillent sur les voies

Les règles ne changent pas, mais le terrain, si. Cinq évolutions concrètes.

Ce qui change Conséquence sur le chantier Parade
Plus de trainsLes nouveaux contrats augmentent souvent l'offre : jusqu'à +70 % de sièges-kilomètres offerts sur le lot Sud Azur. Moins de trous dans la grille, moins de temps entre deux trainsNe jamais se fier aux horaires habituels ; la protection repose sur le dispositif d'annonce ou sur une voie fermée, pas sur la grille
Des trains inconnusNouvelles silhouettes, nouvelles couleurs, nouveaux bruits. Un réflexe visuel appris sur un type de train ne vaut plusTout train est un danger, quelle que soit sa livrée ; se dégager à l'annonce sans chercher à le reconnaître
De nouveaux employeursLes nouveaux exploitants recrutent et forment, parfois des personnes qui découvrent le ferroviaireFormer chaque nouvel arrivant exposé avant sa première intervention
De nouveaux sitesAteliers de maintenance et faisceaux de remisage construits ou repris par les nouveaux opérateurs : des chantiers au contact de voies circuléesUn plan de prévention avec le bon interlocuteur, y compris sur un site privé
Plus d'interfacesGestionnaire d'infrastructure, exploitant, région, maître d'ouvrage, sous-traitants : la chaîne s'allongeSavoir avant de commencer qui autorise l'accès, qui protège le chantier et qui prévenir en cas d'incident

Un cas montre jusqu'où peut aller cette évolution. En Grand Est, la région a mis en concurrence l'exploitation des lignes du service Bruche-Piémont-Vosges avec, dans le même contrat, la régénération et la maintenance de l'infrastructure. Sur ces sections, l'entreprise qui entretient les voies ne sera donc plus forcément SNCF Réseau. Pour les sous-traitants, l'interlocuteur change ; pour les règles de sécurité, rien ne change.

Préparer une intervention sur une ligne ouverte à la concurrence

  1. Identifier qui est qui : Avant le chantier, notez le gestionnaire de l'infrastructure, l'exploitant des trains et votre donneur d'ordre. Ce ne sont plus forcément les mêmes entreprises.
  2. Formaliser le plan de prévention : Établissez-le avec l'entreprise qui accueille l'intervention, y compris sur un atelier ou un faisceau de remisage d'un nouvel opérateur.
  3. Ne pas se fier aux horaires : Les nouveaux contrats ajoutent souvent des trains. La protection repose sur le dispositif d'annonce ou sur une voie fermée, jamais sur la grille habituelle.
  4. Ne jamais identifier un train à sa livrée : Nouvelles silhouettes, nouvelles couleurs : tout train est un danger. On se dégage à l'annonce sans chercher à le reconnaître.
  5. Vérifier formations et autorisations : Chaque salarié exposé doit avoir son attestation SECUFER à jour, et l'autorisation d'accès écrite sera obligatoire au 1er janvier 2028.
  6. Briefer l'équipe sur les nouveautés de la ligne : Nouveaux trains, nouveaux horaires, nouveaux interlocuteurs : cinq minutes avant la prise de poste suffisent pour que chacun le sache.

Côté entreprises : de nouveaux donneurs d'ordre

Pour les entreprises de travaux, de nettoyage, de maintenance ou de télécoms, l'ouverture crée des marchés : construction et entretien des sites de maintenance, aménagements de gares, travaux de régénération confiés avec certains lots, prestations pour des opérateurs qui n'ont pas encore leurs propres équipes. Elle s'ajoute aux besoins de main-d'œuvre que nous décrivons dans notre page sur les métiers ferroviaires qui recrutent.

Un nouveau donneur d'ordre n'apporte pas de nouvelles exigences de formation : il vérifie les mêmes. Avant de répondre à une consultation, assurez-vous que :

Attention à ne pas confondre : les conducteurs et agents qui assurent la sécurité des circulations relèvent d'un autre régime, celui des tâches critiques pour la sécurité (décret n° 2026-210). Le SECUFER concerne tous les autres, ceux qui travaillent sur ou près des voies sans conduire ni faire circuler les trains.

Points clés à retenir

  • TGV en libre accès depuis décembre 2020 ; TER mis en concurrence par appels d'offres, pour tous d'ici 2033.
  • À la mi-2026, 15 lots attribués, dont 10 à SNCF Voyageurs ; Transdev exploite Marseille-Toulon-Nice depuis juin 2025.
  • Un seul réseau, un seul gestionnaire, la même réglementation pour protéger les intervenants : le décret 2017-694.
  • Sur le terrain : plus de trains, des trains inconnus, de nouveaux sites et de nouveaux interlocuteurs.
  • Le SECUFER forme au risque des circulations, quel que soit l'opérateur.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'ouverture à la concurrence ferroviaire ?

C'est la possibilité pour d'autres entreprises que la SNCF d'exploiter des trains de voyageurs en France. Elle découle du quatrième paquet ferroviaire européen, transposé par la loi du 27 juin 2018 pour un nouveau pacte ferroviaire.

Depuis quand les TER sont-ils ouverts à la concurrence ?

Les régions peuvent lancer des appels d'offres depuis décembre 2019. Depuis le 25 décembre 2023, tout nouveau contrat doit être mis en concurrence, et l'ensemble des services régionaux devra l'avoir été d'ici décembre 2033.

Quels opérateurs font déjà rouler des trains face à la SNCF ?

Sur la grande vitesse, Trenitalia et la Renfe. Sur les lignes régionales, Transdev exploite Marseille-Toulon-Nice depuis juin 2025 et RATP a remporté deux lots. Velvet prévoit ses premiers TGV sur l'axe Atlantique en 2028.

Les règles de sécurité changent-elles avec un nouvel opérateur ?

Non. Le réseau reste géré par SNCF Réseau, chaque entreprise ferroviaire doit détenir un certificat de sécurité unique, et la protection des travailleurs exposés relève toujours du décret n° 2017-694.

Faut-il une formation SECUFER différente pour travailler pour un nouvel opérateur ?

Non. Le SECUFER forme au risque lié aux circulations ferroviaires, quel que soit l'exploitant des trains. La même attestation vaut pour tous les donneurs d'ordre.

Qu'est-ce que la concurrence change concrètement sur un chantier ?

Souvent plus de trains, des trains d'un type inconnu, de nouveaux sites de maintenance et davantage d'interlocuteurs. Il faut se dégager à l'annonce sans chercher à reconnaître le train et savoir qui autorise et protège le chantier.

Sources et références

Dominique Anton, fondateur et auteur SECUFER

Auteur de l'article

Dominique Anton

Fondateur du Centre SECUFER ADF et auteur de l'ouvrage « Réglementation SECUFER ». Spécialiste du cadre réglementaire de la sécurité ferroviaire (décret n°2017-694).

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Nouveaux opérateurs, mêmes règles : formez vos équipes

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