
L'essentiel
- En France, aucun corps unique nommé « police ferroviaire » : la sûreté du rail est assurée par la SUGE (Sûreté ferroviaire SNCF), la police nationale et la gendarmerie
- La SUGE est le service interne de sûreté de la SNCF, créé en 1939 : agents assermentés et pouvant être armés (environ 2 800 à 3 200 agents selon la SNCF)
- Cadre légal : Code des transports (art. L2251-1 et suivants) et Code de la sécurité intérieure
- Toute intervention sur ou à proximité des voies expose au risque ferroviaire (trains, caténaire sous tension jusqu'à 25 000 V) : le SECUFER (décret 2017-694) est la formation de référence pour intervenir en sécurité
La police ferroviaire est une expression courante pour désigner les forces qui veillent à la sûreté sur le réseau ferré. En réalité, la France ne dispose pas d'un corps de police du rail autonome : la mission est partagée entre la Sûreté ferroviaire de la SNCF (SUGE), la police et la gendarmerie. Cet article clarifie qui fait quoi, la différence entre sûreté et sécurité, et pourquoi toute intervention sur les emprises impose de maîtriser la sécurité ferroviaire - l'objet de la formation SECUFER.
Qu'est-ce que la « police ferroviaire » en France ?
Le terme « police ferroviaire » est un raccourci de langage. Contrairement à la Bundespolizei allemande ou à la British Transport Police britannique, la France n'a pas de police du rail unique et autonome. La sûreté ferroviaire repose sur plusieurs acteurs complémentaires :
- la SUGE (Surveillance générale), service interne de sûreté de la SNCF ;
- la police nationale, notamment via la sous-direction régionale de la police des transports en Île-de-France ;
- la gendarmerie nationale, compétente sur une large partie du territoire ;
- côté RATP, le GPSR (Groupe de protection et de sécurisation des réseaux) joue le rôle équivalent sur le métro et le RER RATP.
Ces acteurs interviennent dans un cadre coordonné, la sûreté des transports étant une mission partagée entre l'État et l'exploitant ferroviaire.
La SUGE, Sûreté ferroviaire de la SNCF
Souvent surnommée « la police du rail », la SUGE (Surveillance générale) est le service interne de sûreté de la SNCF. Créée en 1939 (460 agents à l'origine), elle compte aujourd'hui environ 2 800 à 3 200 agents armés et assermentés, selon les sources et le mode de comptage (SNCF, 2022-2025). Ses missions principales :
- Protéger les voyageurs et les personnels de la SNCF dans les gares et les trains ;
- Sécuriser le patrimoine et les installations ferroviaires face à la malveillance (dégradations, vols de métaux, intrusions) ;
- Prévenir et gérer les troubles à l'ordre à bord et en gare.
Les agents de la SUGE sont assermentés et agréés, habilités au relèvement d'identité (compétence nationale) et autorisés au port d'arme (catégories B et D). Ils peuvent procéder, dans le cadre prévu par la loi, à des palpations de sécurité et à l'inspection visuelle des bagages, et constater par procès-verbal les infractions au Code des transports. Leur action s'appuie sur le Code des transports (art. L2251-1 et suivants), la loi du 22 mars 2016, le décret n°2019-726 du 9 juillet 2019 et la récente loi n°2025-379 du 28 avril 2025 (qui autorise notamment le pistolet à impulsion électrique et la poursuite aux abords des gares). Ils interviennent en uniforme ou en civil.

Chiffres clés de la sûreté ferroviaire (SUGE)
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| Création | 1939 (460 agents à l'origine) |
| Effectifs | environ 2 800 à 3 200 agents armés et assermentés (SNCF, 2022-2025) |
| Organisation | 9 directions de zone sûreté, couverture d'environ 30 000 km de voies |
| Sites sensibles surveillés | environ 3 000 |
| Disponibilité | 24h/24, 7j/7 |
| Numéro d'alerte | 3117 (appel) ou 31177 (SMS), depuis 2021 |
| Armement | autorisé (catégories B et D), agents assermentés et agréés |
| Cadre légal | Code des transports (L2251-1 et s.), lois du 22 mars 2016 et du 28 avril 2025, décret 2019-726 |
Ordres de grandeur issus des données publiques de la SNCF et de l'article « Sûreté ferroviaire » (Wikipédia) ; ils varient selon les années et le mode de comptage.
Sur le terrain, la SUGE s'appuie sur d'importants moyens : vidéoprotection pilotée depuis un centre national de télé-protection, caméras-piétons, brigades cynophiles de détection d'explosifs, drones de surveillance, un PC national de sûreté (une soixantaine d'opérateurs) et une unité nationale d'intervention rapide. Un numéro d'alerte unique permet à chacun de signaler une situation : le 3117 (appel) ou le 31177 (SMS), 24h/24.
Police, gendarmerie et sûreté dans les transports
En parallèle de la SUGE, les forces de l'ordre de l'État assurent leur mission sur le réseau :
- En Île-de-France, une police régionale des transports et un service national de police ferroviaire opèrent dans les gares et les rames.
- Sur le reste du territoire, police et gendarmerie nationales interviennent selon leurs zones de compétence.
- La SUGE coopère étroitement avec ces forces : des conseillers police et gendarmerie sont affectés à sa direction.
- La coordination avec la SNCF s'organise par conventions et plans de sûreté.
Autrement dit, « la police ferroviaire » recouvre en pratique un écosystème d'acteurs plutôt qu'une institution unique.
Sûreté et sécurité ferroviaire : ne pas confondre
Deux notions distinctes sont souvent mélangées :
- La sûreté vise les actes intentionnels et la malveillance (agressions, vols, intrusions, terrorisme). C'est le domaine de la SUGE et des forces de l'ordre.
- La sécurité vise les risques d'accident liés à l'exploitation (circulation des trains, risque électrique, chutes). C'est le domaine du SECUFER et des consignes de SNCF Réseau.
Pour approfondir cette distinction, voir notre page dédiée : sûreté ferroviaire, quelle différence avec la sécurité ?
Pourquoi la sûreté ferroviaire est exposée au risque ferroviaire
Dès qu'un agent - qu'il relève de la SUGE, des forces de l'ordre ou d'une société de sécurité privée - pénètre sur une emprise ferroviaire (voie, faisceau de gare, atelier, abords des quais), il partage l'exposition au risque ferroviaire :
- des trains qui circulent à grande vitesse, silencieux et impossibles à arrêter rapidement ;
- la zone dangereuse le long des voies, où l'on ne pénètre pas sans mesures de sécurité ;
- la caténaire sous tension (1 500 V ou 25 000 V), dont il faut rester à distance en permanence.
Une intervention de sûreté menacée par une circulation ou par le risque électrique perd tout son sens : la sécurité passe avant l'intervention.
Police ferroviaire et SECUFER : la sécurité avant l'intervention
La SUGE dispose de sa propre formation interne à la SNCF. En revanche, tous les autres intervenants amenés à se rendre sur les emprises relèvent de la logique du SECUFER :
- les agents de sécurité privée et sociétés de gardiennage qui surveillent des sites SNCF, des chantiers ou des installations ;
- les prestataires de sûreté mandatés pour la surveillance d'emprises ou d'ouvrages ferroviaires ;
- plus largement, tout intervenant extérieur travaillant sur ou à proximité du réseau ferré national.
Le SECUFER (décret n°2017-694) est la formation de référence pour intervenir en sécurité : repérage de la zone dangereuse, annonce des circulations, distances à la caténaire, consignes de sécurité (S9, S1A, S2A) et EPI adaptés. Avant toute intervention, il faut aussi identifier de quel réseau relève l'emprise : le SECUFER s'applique sur le réseau ferré national géré par SNCF Réseau (voir aussi le SECUFER est-il reconnu sur tous les réseaux ferrés ?).
Intervenir en sécurité sur une emprise ferroviaire
- Identifier le gestionnaire et le réseau : Vérifier de quel réseau relève l'emprise : le réseau ferré national est géré par SNCF Réseau, les réseaux urbains et privés ont d'autres règles.
- Obtenir l'autorisation d'accès : Nul ne pénètre sur les voies sans autorisation : l'intervention se coordonne avec l'exploitant, qui définit les conditions d'accès aux emprises.
- Être formé à la sécurité ferroviaire : Le SECUFER donne les réflexes vitaux : repérer la zone dangereuse, entendre les annonces, garder ses distances avec la caténaire sous tension (1 500 V ou 25 000 V).
- Se faire accompagner si nécessaire : Selon le risque, un agent SNCF (annonceur, agent sécurité du personnel) peut sécuriser la présence sur la voie et alerter en cas de circulation.
- Appliquer consignes et EPI : Gilet haute visibilité, distances de sécurité, interdiction d'approcher la caténaire : les consignes S9, S1A et S2A encadrent chaque intervention.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la police ferroviaire ?
C'est une expression courante : la France n'a pas de corps de police du rail unique. La sûreté ferroviaire est assurée par la SUGE (Sûreté ferroviaire SNCF), la police nationale et la gendarmerie.
Qu'est-ce que la SUGE ?
La SUGE (Surveillance générale) est le service interne de sûreté de la SNCF, créé en 1939. Ses agents, assermentés, protègent les voyageurs, les personnels et le patrimoine ferroviaire (environ 2 800 à 3 200 agents).
Les agents de la SUGE sont-ils armés ?
Oui, ils peuvent l'être dans le cadre prévu par la loi. Assermentés et agréés, ils peuvent procéder à des palpations de sécurité et à l'inspection visuelle des bagages, selon le Code des transports et le Code de la sécurité intérieure.
La police ferroviaire a-t-elle besoin du SECUFER ?
La SUGE a sa formation interne SNCF. En revanche, les agents de sécurité privée et prestataires qui interviennent sur les emprises sont concernés par la sécurité ferroviaire : le SECUFER est la formation de référence dès qu'on intervient sur ou à proximité des voies.
Quelle différence entre sûreté et sécurité ferroviaire ?
La sûreté vise la malveillance (agressions, vols, intrusions) ; la sécurité vise les risques d'accident liés à l'exploitation (circulation, risque électrique). La SUGE relève de la sûreté, le SECUFER de la sécurité.
Peut-on marcher le long des voies pour une intervention ?
Non, pas sans autorisation ni sécurisation. Les abords des voies forment une zone dangereuse : le risque ferroviaire (trains, caténaire) impose des mesures strictes, même pour une mission de sûreté.
Ressources utiles
- Sûreté ferroviaire : quelle différence avec la sécurité ?
- Zone dangereuse SNCF : distances et règles
- Le réseau ferroviaire français (RFN) : structure et chiffres
- Formation SECUFER : programme et modalités
Sources : Code des transports (art. L2251-1 et suivants), loi n°2016-339 du 22 mars 2016, décret n°2019-726 du 9 juillet 2019, informations publiques de la Sûreté ferroviaire (SNCF) et l'article Sûreté ferroviaire (Wikipédia). Ordres de grandeur indicatifs.
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