
L'essentiel
- Les SERM (services express régionaux métropolitains), qu'on appelle aussi RER métropolitains, visent une desserte fiable et fréquente entre une grande ville et sa périphérie, avec le train comme colonne vertébrale
- Ils ont un cadre légal depuis la loi du 27 décembre 2023. L'État a labellisé 29 projets, dont 24 lors de deux vagues en juin et juillet 2024
- Le label n'est qu'une première étape : le statut de SERM est délivré ensuite par arrêté du ministre chargé des transports, une fois la préfiguration achevée
- Sur le terrain, un SERM signifie plus de trains, des travaux sur des lignes en circulation et des chantiers autour des gares menés par des entreprises qui ne sont pas toujours du métier
- Toute personne qui intervient sur ou près des voies reste soumise au décret 2017-694 et doit être formée au SECUFER
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Épisode 9 du podcast du Centre SECUFER · 3 min 46
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Introduction
Animatrice : Bonjour et bienvenue dans le podcast du Centre SECUFER ADF, le podcast qui parle de sécurité sur les voies ferrées. Aujourd'hui, on parle des RER métropolitains.
Intervenant : Un train toutes les quinze ou trente minutes entre une grande ville et ses communes voisines, comme un RER. C'est la promesse de ces nouveaux services, qui se préparent un peu partout en France.
Animatrice : On en parle surtout pour les trajets du quotidien. Mais pour ceux qui travaillent sur les voies, la question est différente.
Intervenant : Oui : qu'est-ce que ça change pour la sécurité des chantiers ?
De quoi parle-t-on
Animatrice : D'abord, c'est quoi exactement, un RER métropolitain ?
Intervenant : Le nom officiel, c'est service express régional métropolitain. Le ministère le définit comme une offre de mobilité fiable, fréquente et facile à utiliser, pour les habitants de la périphérie des métropoles. Le train en est la colonne vertébrale, complété par des cars express et des pistes cyclables.
Animatrice : Et ce n'est pas le RER de la région parisienne.
Intervenant : Non. Ça concerne les grandes agglomérations des régions : Strasbourg, Bordeaux, Lille, Lyon, Toulouse, et bien d'autres.
La loi et les projets
Animatrice : Il y a un cadre légal ?
Intervenant : Oui, une loi du vingt-sept décembre deux mille vingt-trois. Elle fixe l'objectif d'au moins dix RER métropolitains en dix ans, et permet à la Société des grands projets, l'ancienne Société du Grand Paris, d'intervenir hors de l'Île-de-France.
Animatrice : Et combien de projets aujourd'hui ?
Intervenant : Vingt-neuf projets ont été labellisés par l'État, dont vingt-quatre en deux vagues, en juin et juillet deux mille vingt-quatre. Mais le label n'est qu'un début. Il faut ensuite une phase de préparation, puis un arrêté du ministre des transports pour obtenir le statut officiel.
Animatrice : Donc tout n'est pas encore sur les rails.
Intervenant : Les avancées sont très inégales. Strasbourg et Bordeaux sont les plus avancés, avec des trains supplémentaires déjà en service. La plupart des autres projets sont encore en préparation.
Ce qui change sur le terrain
Animatrice : Alors, pour quelqu'un qui travaille près des voies, qu'est-ce qui change ?
Intervenant : D'abord, ce qui ne change pas : les règles. Le réseau reste géré par SNCF Réseau, et les salariés exposés restent protégés par le décret deux mille dix-sept, six cent quatre-vingt-quatorze.
Animatrice : Mais le terrain, lui, change.
Intervenant : Oui. Premier point : plus de trains, plus souvent. Avec un train tous les quarts d'heure, les creux dans la grille horaire disparaissent. On ne peut plus compter sur le temps entre deux trains.
Animatrice : Et donc la protection ?
Intervenant : Toujours la même : l'annonce des trains, ou une voie fermée aux circulations. Jamais les horaires. Un train toutes les quinze minutes, c'est aussi un train qui peut arriver dans la minute.
Animatrice : Deuxième point ?
Intervenant : Des travaux sur des lignes en service. Augmenter le nombre de trains peut demander d'aménager des voies, des gares, la signalisation. Et souvent, pendant ces travaux, les trains continuent de rouler juste à côté.
De nouveaux intervenants
Animatrice : Il y a aussi des chantiers qui ne sont pas vraiment ferroviaires.
Intervenant : C'est le troisième point, et il est important. Autour des gares, on construit des parkings, des pistes cyclables, des arrêts de cars, des pôles d'échanges. Ce sont des entreprises de voirie, d'espaces verts ou d'électricité, qui n'ont pas toujours l'habitude du rail.
Animatrice : Et pourtant, elles travaillent à quelques mètres des voies.
Intervenant : Exactement. Dès qu'un salarié peut approcher la zone où circulent des trains, il doit être formé au SECUFER. Peu importe le métier de l'entreprise.
Animatrice : Avec en plus beaucoup d'interlocuteurs.
Intervenant : Région, métropole, Société des grands projets, SNCF Réseau, exploitant, sous-traitants. Avant de commencer, il faut savoir qui autorise l'accès, qui protège le chantier, et qui prévenir en cas de problème.
Conclusion
Animatrice : Si on ne devait retenir qu'une seule chose ?
Intervenant : Plus de trains, ce sont les mêmes règles, appliquées plus rigoureusement. Et pour les entreprises qui vont travailler sur ces projets : former chaque salarié exposé avant le premier jour de chantier.
Animatrice : Merci. Vous retrouverez l'article complet, avec la liste des vingt-neuf projets et toutes les sources, dans le blog de notre site, centre secufer point f r. À bientôt !
Un train toutes les quinze ou trente minutes entre une métropole et ses communes voisines, comme un RER : c'est la promesse des services express régionaux métropolitains. Strasbourg et Bordeaux ont ouvert la voie, et 29 territoires sont désormais engagés dans la démarche. On en parle pour les trajets du quotidien et pour le climat. Pour les entreprises qui travaillent sur ou à côté des voies, une autre question se pose : que change un RER métropolitain pour la sécurité des chantiers ?
Qu'est-ce qu'un SERM ?
Le ministère chargé des transports définit le SERM comme « une offre de mobilité fiable, fréquente et facile à utiliser, au service des habitants de périphérie des métropoles ». Concrètement, il s'agit de renforcer la desserte ferroviaire entre une ville centre et sa zone périurbaine, et de la compléter par d'autres modes : cars express, transport routier à haut niveau de service, réseaux cyclables.
Les objectifs affichés sont de mieux relier la périphérie au centre, de réduire la dépendance à la voiture, de limiter la congestion et de baisser les émissions de gaz à effet de serre.
Attention à ne pas confondre : le RER métropolitain concerne les grandes agglomérations des régions. Il ne s'agit pas du RER d'Île-de-France, qui a son propre cadre et ses propres exploitants. Sur ce sujet, voir notre page SECUFER, métro, RER et tram.
La loi de 2023 et les étapes d'un projet
L'idée de « RER métropolitains » apparaît en 2018 dans un rapport du Conseil d'orientation des infrastructures. Elle est reprise par le président de la République le 27 novembre 2022, puis inscrite dans la loi du 27 décembre 2023 relative aux services express régionaux métropolitains. Ce texte fixe l'objectif d'au moins dix SERM dans les dix ans qui suivent sa promulgation et ouvre à la Société des grands projets (l'ancienne Société du Grand Paris) la possibilité d'intervenir hors d'Île-de-France.
Un projet passe par trois étapes :
| Étape | Ce qui se passe |
|---|---|
| 1. Labellisation | La région et la métropole déposent un « dossier minute » : ambition, acteurs, périmètre, grandes orientations. Deux vagues ont eu lieu, en juin et juillet 2024 |
| 2. Préfiguration | Environ un an pour s'accorder sur une vision commune, des objectifs, une feuille de route, un plan de financement et une gouvernance |
| 3. Statut de SERM | Délivré par arrêté du ministre chargé des transports, sur proposition conjointe de la région et des autorités organisatrices de la mobilité qui cofinancent le service |
Côté financement, l'État indique mobiliser environ 900 millions d'euros (plan de relance et volets mobilités des contrats de plan État-région 2023-2027), et estime que les premiers SERM mobiliseront plus de 10 milliards d'euros au total.
Les 29 projets labellisés
Le 27 juin 2024, le ministère a annoncé une première vague de 15 projets labellisés, puis une seconde de 9 projets le 4 juillet 2024. Avec les labellisations suivantes, la Société des grands projets recense aujourd'hui 29 projets :
Avignon, Basco-landais, Besançon, Bordeaux, Bretagne, Caen la mer, Chambéry, Clermont-Auvergne, Côte d'Opale, Dijon, Franco-suisse, Grenoble, Hauts-de-France, Lille, Lyon, Lorraine-Luxembourg, Marseille, Montpellier, Mulhouse-Bâle, Nantes, Nice, Nord Franche-Comté, Orléans, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg, Toulon, Toulouse, Tours.
La Société des grands projets est partie prenante dans 19 d'entre eux, à la demande des collectivités. Les avancées sont très inégales : le ministère présente Strasbourg et Bordeaux comme les plus avancés, avec des renforts d'offre déjà en service, tandis que la plupart des autres projets sont encore en préfiguration ou préparent leur demande de statut.
Ce que les SERM changent pour ceux qui travaillent sur les voies
Un SERM ne crée pas de nouvelles règles de sécurité. Le réseau reste géré par SNCF Réseau et les intervenants restent protégés par le décret n° 2017-694. Mais le terrain, lui, change.
| Ce qui change | Conséquence sur le chantier | Parade |
|---|---|---|
| Plus de trains, plus souvent | Un service cadencé au quart d'heure ou à la demi-heure laisse peu de temps entre deux circulations. Les « trous » dans la grille sur lesquels on comptait disparaissent | Ne jamais se fier aux horaires ; la protection repose sur le dispositif d'annonce ou sur une voie fermée aux circulations |
| Des travaux sur des lignes en service | Augmenter l'offre peut demander des aménagements de voies, de gares ou de signalisation, réalisés pendant que les trains continuent de rouler à côté | Délimiter clairement la zone dangereuse et respecter les limites d'intervention fixées pour le chantier |
| Des chantiers autour des gares | Pôles d'échanges, parkings, pistes cyclables, arrêts de cars express : des entreprises de voirie, d'espaces verts ou d'électricité travaillent en bordure des emprises | Appliquer les règles des travaux à proximité des voies et former tout salarié exposé au risque ferroviaire |
| Des gares plus fréquentées | Plus de voyageurs sur les quais pendant les interventions, plus de coactivité | Baliser les zones de travail et organiser la coactivité dans le plan de prévention |
| Plus d'acteurs | Région, métropole, autorité organisatrice, Société des grands projets, SNCF Réseau, exploitant, maîtres d'œuvre et sous-traitants | Savoir avant de commencer qui autorise l'accès, qui protège le chantier et qui prévenir en cas d'incident |
C'est un point que l'on rappelle en formation SECUFER : sur une ligne très fréquentée, le danger ne vient pas des règles, il vient de l'idée qu'on a le temps. Un train toutes les quinze minutes, c'est aussi un train qui peut arriver dans la minute.
Préparer un chantier sur une ligne de RER métropolitain
- Identifier le projet et ses acteurs : Notez qui est maître d'ouvrage (région, métropole, Société des grands projets ou SNCF Réseau), qui exploite les trains et qui est votre donneur d'ordre.
- Situer le chantier par rapport aux voies : Avant toute intervention, repérez où commence la zone dangereuse. Un chantier de parking ou de piste cyclable peut longer une voie circulée.
- Ne jamais compter sur les horaires : Avec un train tous les quarts d'heure, il n'y a plus de creux fiables. La protection repose sur le dispositif d'annonce ou sur une voie fermée.
- Formaliser le plan de prévention : Établissez-le avec l'entreprise utilisatrice, en traitant la coactivité avec les autres entreprises et la présence de voyageurs en gare.
- Vérifier formations et autorisations : Chaque salarié exposé doit avoir son attestation SECUFER à jour, et l'autorisation d'accès écrite sera obligatoire au 1er janvier 2028.
- Briefer l'équipe chaque jour : Fréquence des trains, limites de la zone, interlocuteurs : quelques minutes avant la prise de poste, surtout quand les horaires ou le phasage changent.
Côté entreprises : des chantiers au contact du rail
Avec plus de 10 milliards d'euros annoncés pour les premiers projets, les SERM vont générer des marchés pour bien d'autres entreprises que les spécialistes de la voie : génie civil, voirie et réseaux divers, électricité, télécoms, élagage et espaces verts, nettoyage, aménagement des gares et des pôles d'échanges.
Beaucoup de ces entreprises interviendront pour la première fois près de voies où circulent des trains. Avant de répondre à une consultation, assurez-vous que :
- chaque salarié exposé au risque ferroviaire a suivi la formation SECUFER et que son attestation est à jour ;
- vous êtes prêts pour l'autorisation d'accès écrite, obligatoire au 1er janvier 2028 ;
- vous connaissez la démarche décrite dans notre page devenir sous-traitant de SNCF Réseau ;
- vous savez qui exploite les trains de la ligne : avec l'ouverture à la concurrence, ce n'est plus forcément la SNCF.
Points clés à retenir
- Les SERM, ou RER métropolitains, renforcent la desserte ferroviaire entre les métropoles et leur périphérie.
- Cadre légal : loi du 27 décembre 2023 ; 29 projets labellisés, statut délivré ensuite par arrêté ministériel.
- Pour les chantiers : plus de trains, des travaux sur des lignes en service et de nouveaux intervenants près des voies.
- Les règles ne changent pas : décret 2017-694, protection par annonce ou voie fermée, jamais par les horaires.
- Toute entreprise dont les salariés approchent les voies doit les former au SECUFER.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un SERM ?
Un service express régional métropolitain, ou RER métropolitain, est une offre de transport fiable et fréquente entre une métropole et sa périphérie, bâtie autour du train et complétée par des cars express et des réseaux cyclables.
Quelle loi encadre les RER métropolitains ?
La loi du 27 décembre 2023 relative aux services express régionaux métropolitains. Elle vise au moins dix SERM en dix ans et permet à la Société des grands projets d'intervenir hors d'Île-de-France.
Combien de projets de SERM existent ?
L'État a labellisé 29 projets, dont 24 lors de deux vagues en juin et juillet 2024. Le statut de SERM est ensuite délivré par arrêté du ministre chargé des transports, après une phase de préfiguration.
Les règles de sécurité changent-elles sur une ligne de RER métropolitain ?
Non. Le réseau reste géré par SNCF Réseau et la protection des travailleurs exposés relève toujours du décret n° 2017-694. Ce qui change, c'est la fréquence des trains et le nombre de chantiers.
Faut-il le SECUFER pour un chantier de gare ou de parking lié à un SERM ?
Oui dès que des salariés peuvent approcher la zone où circulent des trains. Une entreprise de voirie, d'espaces verts ou d'électricité est concernée au même titre qu'une entreprise de travaux ferroviaires.
Un RER métropolitain, est-ce le RER d'Île-de-France ?
Non. Les SERM concernent les grandes agglomérations des régions, comme Strasbourg, Bordeaux, Lille ou Toulouse. Le RER francilien a son propre cadre.
Sources et références
- Ministère chargé des transports - Services express régionaux métropolitains (SERM) - définition, étapes, financement, dates clés.
- Société des grands projets - Les services express régionaux métropolitains - liste des 29 projets labellisés.
- Banque des Territoires - Neuf nouveaux projets de SERM labellisés (5 juillet 2024).
- Banque des Territoires - RER métropolitains : ce que contient la loi.
- Formation SECUFER : programme et cadre réglementaire (page interne).
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