
L'essentiel
- Tirer de la fibre, poser une antenne ou dépanner un équipement radio dans une emprise ferroviaire impose le SECUFER à chaque technicien (décret n° 2017-694)
- Près de 20 000 km de fibre optique et environ 3 000 sites radio longent le réseau ferré : les chantiers télécoms y sont permanents
- Le chantier télécom est linéaire et mobile : l'équipe se déplace le long de la voie, ce qui complique l'annonce des trains
- Le SECUFER ne remplace ni l'AIPR (réseaux enterrés), ni l'habilitation électrique, ni le travail en hauteur sur pylône
- Le remplacement du GSM-R par le FRMCS annonce dix ans de travaux radio le long des lignes
Un technicien fibre connaît ses soudures et ses mesures de réflectométrie. Le long d'une voie ferrée, ce savoir-faire ne le protège de rien. Le caniveau qu'il ouvre est à un mètre du rail, le pylône qu'il escalade côtoie la caténaire, et le train arrive sans prévenir. Voilà pourquoi les entreprises de télécoms doivent former leurs équipes au SECUFER avant toute intervention sur site ferroviaire.
Opérateurs et installateurs de réseaux font partie des entreprises que nous formons.
Qui est concerné ?
- Les techniciens fibre optique - tirage de câbles en caniveau, raccordement, mesures, maintenance.
- Les monteurs et antennistes - pose et maintenance des pylônes, antennes et équipements radio.
- Les entreprises de génie civil télécom - tranchées, chambres de tirage, traversées sous voies.
- Les techniciens de maintenance - interventions dans les locaux techniques, en gare ou le long des lignes.
- Les bureaux d'études et piqueteurs - relevés de terrain, reconnaissance de tracé (voir SECUFER pour les bureaux d'étude).
- L'encadrement - chef d'équipe, conducteur de travaux, chargé d'affaires qui se rend sur site.
Comme pour tous les métiers, c'est le lieu d'intervention qui déclenche l'obligation, pas la nature du travail. Un technicien qui vient « juste faire une mesure » dans l'emprise est concerné.
Fibre et radio : ce qui longe les voies
Le réseau ferré est aussi un réseau de télécommunications. Deux infrastructures courent le long des lignes.
- La fibre optique. SNCF Réseau a déployé près de 20 000 km de câbles optiques le long de ses voies. Depuis mai 2021, sa filiale Terralpha commercialise la capacité non utilisée par le ferroviaire auprès des opérateurs et des entreprises.
- La radio sol-train. Le GSM-R relie les trains aux postes de régulation et porte l'alerte radio. Il repose sur environ 3 000 sites radio. Son successeur, le FRMCS, fondé sur la 5G, demandera de densifier ces sites ; SNCF Réseau n'envisage pas sa mise en service avant 2034-2035.
S'y ajoutent les réseaux de tiers : antennes d'opérateurs mobiles implantées sur des terrains ferroviaires, couverture des tunnels et des gares, câbles qui traversent les voies. Pour une entreprise de télécoms, ce sont des marchés récurrents de déploiement et de maintenance, à condition d'avoir du personnel autorisé à entrer.
Quand le SECUFER est-il exigé ?
Le décret n° 2017-694 impose une formation aux risques ferroviaires à toute personne qui travaille dans une emprise. En pratique :
- Le long des voies, sur un pylône ou dans un tunnel - SECUFER exigé, sans discussion.
- Dans un local technique accessible sans longer ni traverser les voies - les conditions d'accès sont fixées par le gestionnaire du site ; posez la question par écrit avant d'envoyer l'équipe.
- Hors emprise, sur un réseau qui longe ou traverse le domaine ferroviaire - le SECUFER n'est en principe pas exigé tant que personne n'entre dans l'emprise, mais les travaux se déclarent et se coordonnent avec le gestionnaire d'infrastructure.
L'accès passe par une autorisation d'accès aux emprises. À partir du 1er janvier 2028, l'employeur devra aussi délivrer une autorisation d'accès écrite à chaque salarié, comme l'explique notre article sur le décret SECUFER 2026.
Notre conseil : ne partez jamais du principe qu'un site est « hors voies ». Une équipe peut être refoulée à l'entrée simplement parce que l'accès au local impose de longer une voie sur cinquante mètres.
Les risques propres aux chantiers télécoms
| Risque | Pourquoi il est aggravé en télécoms | Parade |
|---|---|---|
| Heurt par un train | Chantier linéaire : l'équipe avance le long de la voie, tête baissée sur le caniveau | Annonce des circulations qui suit l'équipe, annonceur dédié, zones de repli repérées à l'avance |
| Risque électrique | Pylône, échelle, perche ou nacelle à proximité de la caténaire | Distances de sécurité, consignation caténaire, habilitation électrique adaptée |
| Atteinte aux câbles voisins | La fibre partage souvent son caniveau avec les câbles de signalisation | Repérage préalable, AIPR, mode opératoire validé |
| Traversée des voies | Touret, échelle et objets longs à transporter d'un côté à l'autre | Traversée aux points autorisés, objets longs portés à l'horizontale, jamais dressés sous la caténaire |
| Chute de hauteur | Pylônes, portiques, toitures de locaux techniques | Formation travail en hauteur, EPI antichute vérifiés |
| Tunnels et tranchées | Peu de place pour se dégager, effet de souffle amplifié | Intervention sous interruption de circulation |
| Travail de nuit | Beaucoup d'interventions se font pendant les coupures nocturnes | Éclairage, organisation spécifique (voir travaux de nuit) |
Le premier risque est le plus trompeur. Sur un chantier fixe, on balise une zone et on s'y tient. En tirage de fibre, l'équipe progresse de plusieurs centaines de mètres dans la journée : la zone de repli valable le matin ne l'est plus l'après-midi. Le dispositif d'annonce et les points de dégagement doivent être pensés pour tout le linéaire, pas pour le point de départ.
Caniveaux et câbles : l'erreur qui arrête les trains
Le long des voies, les câbles cheminent dans des caniveaux en béton fermés par des dalles. On y trouve la fibre, mais aussi les câbles de signalisation et d'énergie. Sectionner ou écraser le mauvais câble ne coupe pas une connexion internet : cela met en dérangement des installations de sécurité et peut immobiliser une ligne.
Trois règles de terrain en découlent :
- On n'ouvre pas un caniveau sans autorisation ni sans savoir ce qu'il contient.
- On referme chaque dalle avant de quitter les lieux : une dalle manquante est un piège pour l'agent qui se dégage en courant à l'annonce d'un train.
- On ne laisse rien dans la zone dangereuse : touret, chutes de câble et outillage sont emportés ou arrimés hors de la zone dangereuse.
Pour les terrassements et les traversées sous voies, la réglementation sur les travaux à proximité des réseaux s'applique en plus : consultation du guichet unique, DT et DICT, et AIPR pour les personnes qui préparent et encadrent les travaux.
SECUFER, AIPR, habilitation électrique : qui couvre quoi
| Formation | Risque couvert | Pour qui |
|---|---|---|
| SECUFER | Risque ferroviaire : circulations, emprise, annonce, proximité des caténaires | Tous les intervenants dans l'emprise, valable 3 ans |
| AIPR | Endommagement des réseaux enterrés ou aériens | Concepteurs, encadrants et opérateurs de travaux près des réseaux, valable 5 ans |
| Habilitation électrique | Risque électrique | Intervenants sur ou près d'installations électriques |
| Travail en hauteur / harnais | Chute de hauteur | Monteurs de pylônes, antennistes |
| CACES R486 et autorisation de conduite | Conduite de nacelle élévatrice | Conducteurs de nacelle |
Ces formations se cumulent. On déconseille de considérer l'habilitation électrique comme un passe-droit près de la caténaire : elle ne dit rien de la circulation des trains, et les règles propres aux installations de traction relèvent du gestionnaire d'infrastructure. Pour le détail des habilitations spécifiques, voir SECUFER, KH0, KB0 : quelle formation choisir.
Préparer une intervention télécom en emprise
- Qualifier le site et le cheminement : Vérifiez si l'intervention ou son accès impose d'entrer dans l'emprise, de longer ou de traverser une voie. Demandez-le par écrit au gestionnaire du site.
- Obtenir les autorisations : Autorisation d'accès aux emprises, créneaux d'intervention, conditions d'ouverture des caniveaux et, si besoin, consignation de la caténaire.
- Former toute l'équipe au SECUFER : Chaque technicien qui entre dans l'emprise, encadrement compris, doit détenir une attestation SECUFER en cours de validité (3 ans).
- Compléter par les formations métier : AIPR pour les travaux près des réseaux, habilitation électrique, travail en hauteur pour les pylônes, CACES R486 pour la nacelle.
- Organiser l'annonce sur tout le linéaire : Prévoyez un dispositif d'annonce qui suit la progression de l'équipe et repérez les zones de repli sur l'ensemble du parcours, pas seulement au point de départ.
- Refermer, ranger, tracer : Dalles de caniveau remises en place, matériel évacué de la zone dangereuse, attestations consignées dans un registre pour anticiper les recyclages.
Former et financer
Pour une équipe à former vite, l'e-learning est le format le plus rapide à mettre en place : 7 heures, 150 € HT par personne, accessible sans déplacement, attestation sous 48 h après réussite du QCM. Pour un groupe, la session intra-entreprise se tient dans vos locaux et permet de traiter vos situations de chantier.
La formation peut être prise en charge par votre opérateur de compétences. Selon votre convention collective, il s'agit le plus souvent de Constructys (travaux publics) ou de l'Afdas (télécommunications) ; vérifiez votre OPCO de rattachement. Notre guide du financement OPCO détaille la démarche.
Questions fréquentes
Un technicien fibre optique doit-il avoir le SECUFER ?
Oui dès qu'il intervient dans une emprise ferroviaire : tirage en caniveau le long des voies, raccordement, mesures, maintenance. Le décret n° 2017-694 impose une formation aux risques ferroviaires à toute personne qui y travaille. L'attestation est valable 3 ans.
Faut-il le SECUFER pour intervenir dans un local technique en gare ?
Cela dépend de l'accès. Si le local s'atteint sans entrer dans l'emprise, les conditions sont fixées par le gestionnaire du site. Si l'accès impose de longer ou de traverser une voie, le SECUFER est exigé. Posez la question par écrit avant l'intervention.
L'AIPR ou l'habilitation électrique dispensent-elles du SECUFER ?
Non. L'AIPR concerne l'endommagement des réseaux et l'habilitation électrique le risque électrique. Aucune ne traite de la circulation des trains. Sur une emprise ferroviaire, ces formations s'ajoutent au SECUFER.
Pourquoi un chantier de fibre est-il plus risqué qu'un chantier fixe ?
Parce qu'il est linéaire et mobile. L'équipe progresse le long de la voie, parfois sur plusieurs centaines de mètres par jour : les zones de repli changent en permanence et le dispositif d'annonce doit suivre le chantier.
Qu'est-ce que le GSM-R et le FRMCS ?
Le GSM-R est le réseau radio ferroviaire qui relie les trains aux postes de régulation ; il repose sur environ 3 000 sites radio. Le FRMCS, fondé sur la 5G, doit lui succéder ; SNCF Réseau n'envisage pas sa mise en service avant 2034-2035.
Combien de temps faut-il pour former une équipe de techniciens ?
En e-learning, la formation dure 7 heures et coûte 150 € HT par personne ; l'attestation est délivrée sous 48 h après réussite du QCM. Une session intra-entreprise permet de former tout le groupe en une journée.
Sources et ressources utiles
- SNCF Numérique - De la 2G à la 5G, SNCF Réseau prépare le réseau ferroviaire de demain - GSM-R, FRMCS et sites radio.
- Terralpha - filiale de SNCF Réseau pour la fibre optique le long des voies.
- Guichet unique « Réseaux et canalisations » (Ineris) - DT et DICT.
- Formation SECUFER : programme et modalités
- SECUFER et AIPR : le duo des chantiers ferroviaires
- SECUFER pour les élagueurs et paysagistes
- Registre de suivi des habilitations (modèle Excel)
Le Centre SECUFER ADF délivre la formation SECUFER (sécurité des emprises ferroviaires). L'AIPR, l'habilitation électrique, le travail en hauteur et la conduite de nacelle relèvent d'organismes spécialisés ; cette page a une vocation d'information. Sur un chantier, seules les prescriptions du gestionnaire d'infrastructure font foi.
Mettez votre entreprise en conformité
Formez vos équipes au SECUFER dès 150€ HT, attestation nominative sous 48h, finançable OPCO et France Travail. La traçabilité qui vous protège.
Demander un devis gratuitOu appelez-nous : 09 70 70 29 40
