
L'essentiel
- Le principe : le SECUFER est obligatoire pour toute personne intervenant sur ou à proximité des emprises ferroviaires, quel que soit son statut
- Travaux de voie : poseur, soudeur, terrassier, conducteur d'engin rail-route
- Électrification / signalisation : électricien caténaire, agent signalisation (+ KH0/KB0)
- Études : géomètre-topographe, ingénieur de bureau d'études
- Sécurité des circulations : ASP, RPTX, ATTX
- Connexes : agent de sûreté, intérimaires, sous-traitants
La question revient sans cesse : quels métiers ont réellement besoin de la formation SECUFER ? La réponse tient en une phrase issue du décret n° 2017-694 du 2 mai 2017 : toute personne amenée à intervenir sur ou à proximité des emprises du Réseau Ferré National doit avoir suivi une formation SECUFER valide. Peu importe le statut (salarié, intérimaire, sous-traitant) ou le métier exercé : c'est l'accès aux emprises qui déclenche l'obligation.
Cet article passe en revue, famille par famille, les métiers concernés et les habilitations qui complètent le SECUFER selon les fonctions. Il vous aidera à vérifier si votre poste ou ceux de vos équipes entrent dans le champ de l'obligation.
Le principe : l'accès aux emprises, pas le métier
Contrairement à une idée répandue, le SECUFER n'est pas réservé à quelques métiers techniques du rail. Le critère d'obligation n'est pas l'intitulé du poste mais la présence physique sur les emprises ferroviaires : voies, abords immédiats, zones de sécurité, installations en bord de voie. Dès qu'un intervenant franchit cette limite, il est exposé aux risques (heurt par circulation, électrisation par caténaire, effet de souffle) et doit donc être formé.
C'est pourquoi des métiers très différents - du soudeur à l'agent de sûreté en passant par le géomètre - partagent la même obligation. Les chiffres le rappellent : 40 personnes sont décédées sur les emprises en 2024 (voir nos statistiques des accidents ferroviaires), ce qui justifie une formation commune à tous les intervenants.
1. Les métiers des travaux de voie
C'est le cœur de cible historique du SECUFER : les professionnels du BTP ferroviaire qui construisent, renouvellent et entretiennent la voie.
- Poseur de voie ferrée : pose et rénovation des rails, traverses et ballast (RVB, suite rapide)
- Soudeur de rail : soudure aluminothermique, meulage, contrôle des joints
- Terrassier et ouvrier génie civil : plateformes, ouvrages d'art, drainage, sauts-de-mouton
- Conducteur d'engin rail-route : pelle, bourreuse, draisine (SECUFER en plus du CACES engins)
Pour ces postes, le SECUFER se cumule souvent avec un CACES et, en cas de travaux près des caténaires, avec une habilitation électrique.
2. Les métiers de l'électrification et de la signalisation
Ces métiers travaillent au contact ou à proximité des installations sous tension : le risque électrique s'ajoute au risque ferroviaire.
- Électricien caténaire : pose et maintenance des lignes aériennes de contact (1 500 V / 25 000 V)
- Agent de signalisation : installation et maintenance des systèmes (signalisation latérale, ETCS/ERTMS)
- Technicien sous-station : alimentation électrique de traction
Pour intervenir près des caténaires, le SECUFER doit impérativement être complété par une habilitation électrique KH0 ou KB0, selon que l'agent est non-électricien (KH0) ou électricien (KB0). Voir aussi notre comparatif SECUFER, KH0, KB0 : quelle formation choisir et les limites d'intervention en zone 1.
3. Les métiers d'études et de mesure
On les oublie souvent, mais dès qu'ils se rendent sur le terrain, ils sont concernés :
- Géomètre-topographe : relevés, implantation, contrôles géométriques de la voie
- Ingénieur et technicien de bureau d'études : visites de site, inspections, relevés de conformité
- Contrôleur et auditeur : audits de conformité sur installations
Seul le personnel d'études restant exclusivement au bureau, sans aucun accès aux emprises, échappe à l'obligation.
4. Les métiers de la sécurité des circulations
Ces fonctions, spécifiques au ferroviaire, organisent la cohabitation entre les chantiers et les trains. Elles exigent le SECUFER et une qualification dédiée :
- Annonceur-Sentinelle (ASP) : prévient les équipes de l'arrivée des circulations
- Responsable Pilote Travaux (RPTX) : pilote la sécurité du chantier vis-à-vis des circulations
- Agent Train-Travaux (ATTX) : conduite et accompagnement des trains de travaux
Ces métiers s'articulent autour de la réunion d'organisation des travaux (RTOT) et du système d'annonce des circulations.
5. Les métiers connexes et statuts particuliers
- Agent de sûreté / sécurité privée : gardiennage de chantiers et bases travaux (carte CNAPS + SECUFER)
- Intérimaire en mission ferroviaire : même obligation qu'un salarié permanent, responsabilité partagée ETT / EU
- Sous-traitant et prestataire : tout intervenant mandaté sur les emprises, y compris ponctuellement
- Travailleur étranger détaché : soumis aux mêmes règles lors d'une mission en France
Tableau récapitulatif : métier et habilitations
| Métier | SECUFER | Habilitations complémentaires |
|---|---|---|
| Poseur de voie | Obligatoire | CACES engins |
| Soudeur de rail | Obligatoire | Qualification soudure |
| Électricien caténaire | Obligatoire | KB0, travail en hauteur |
| Agent signalisation | Obligatoire | KH0/KB0 selon poste |
| Géomètre-topographe | Obligatoire | - |
| Annonceur-Sentinelle (ASP) | Obligatoire | Formation ASP |
| RPTX | Obligatoire | Qualification RPTX |
| Conducteur engin rail-route | Obligatoire | CACES engins |
| Agent de sûreté privée | Obligatoire | Carte CNAPS |
Et les métiers qui n'ont PAS besoin du SECUFER ?
Par souci d'honnêteté, voici les fonctions généralement dispensées, faute d'accès aux emprises :
- Le personnel administratif, commercial et RH resté hors emprises
- Les équipes d'études en bureau sans visite de terrain
- Les agents de gare côté voyageurs (accueil, vente), tant qu'ils ne descendent pas sur les voies
- Les conducteurs de train, qui relèvent d'une formation et d'habilitations spécifiques au pilotage
Attention : dès qu'une de ces personnes doit franchir la limite des emprises, même ponctuellement, le SECUFER redevient obligatoire. En cas de doute, mieux vaut former.
Questions fréquentes
Mon salarié ne va sur la voie qu'une fois par an : faut-il le former ?
Oui. L'obligation ne dépend pas de la fréquence mais de l'accès aux emprises. Une seule intervention annuelle suffit à rendre le SECUFER obligatoire. L'attestation étant valable 3 ans, une formation couvre largement des interventions ponctuelles.
Un intérimaire formé par son agence est-il couvert chez moi ?
Oui, si l'attestation SECUFER est valide (moins de 3 ans). L'entreprise utilisatrice doit toutefois vérifier la validité du document avant de laisser l'intérimaire accéder aux emprises. Voir SECUFER et intérim : responsabilité ETT / EU.
Le SECUFER suffit-il pour travailler près des caténaires ?
Non. Près des installations électriques sous tension, il faut compléter le SECUFER par une habilitation KH0 (non-électricien) ou KB0 (électricien). Le SECUFER traite le risque ferroviaire général, l'habilitation électrique le risque caténaire spécifique.
Un agent de sécurité avec carte CNAPS doit-il aussi passer le SECUFER ?
Oui, dès qu'il garde un site situé sur les emprises ferroviaires. La carte CNAPS autorise l'activité de sécurité privée ; le SECUFER autorise la présence sur les emprises. Les deux sont cumulatifs. Détail dans notre fiche agent de sûreté ferroviaire.
Comment former toute une équipe de métiers différents ?
Le tronc commun SECUFER (7 h) est identique pour tous les métiers : une seule session forme l'ensemble de l'équipe. Pour 4 personnes ou plus, la formation intra-entreprise sur votre site est la plus efficace. Les habilitations spécifiques (KH0/KB0, ASP) s'ajoutent ensuite selon les postes.
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Quel que soit le métier : 7 h, 150 € en e-learning ou 200 € en présentiel. Attestation sous 48 h, valable 3 ans, finançable OPCO. Tarif dégressif dès 4 personnes.
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