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Les 6 examens médicaux obligatoires SECUFER Conformes à l'article R4624-22 du Code du travail (SIR) 1. EXAMEN CLINIQUEAntécédents, tensionFC, examen physiqueDurée : 10 min 2. VISIONAcuité 8/10 - 5/10Couleurs (Ishihara)Durée : 10 min 3. AUDITIONAudiogramme tonalSeuil < 35 dBDurée : 5 min 4. ÉQUILIBRETest de RombergRachis, articulationsDurée : 10 min 5. CARDIOECG si > 50 ansou facteurs risqueDurée : 15 min 6. TOXICOAlcoolémie, stupéfiantsApnées sommeilDurée : 10 min Durée totale : 30 à 60 minutes - Périodicité : 1 an (SIR) - 100% pris en charge par l'employeur
Infographie : les 6 examens médicaux obligatoires pour l'aptitude SECUFER (source : R4624-22 et référentiel SST).

L'aptitude médicale SECUFER en bref

  • Obligation légale : prérequis pour toute habilitation SECUFER (décret 2017-694 + article R4624-22 du Code du travail)
  • Réalisée par : médecin du travail du service de santé au travail (SST), jamais le médecin traitant
  • Cadre : suivi individuel renforcé (SIR), poste à risque ferroviaire
  • Examens : clinique, vue, audition, équilibre, cardio, toxicologie (30 à 60 minutes)
  • Validité : 1 an (SIR) - 2 ans pour postes à moindre risque
  • Coût : 50 à 120 EUR par salarié/an, intégralement à la charge de l'employeur
  • Sans aptitude valide : accès aux emprises refusé, formation SECUFER non délivrable

L'aptitude médicale SECUFER est le prérequis légal incontournable pour toute personne intervenant sur emprises ferroviaires. Sans avis d'aptitude en cours de validité, ni la formation SECUFER, ni l'habilitation SECUFER, ni l'accès aux voies ne sont possibles. Cette obligation est fixée par le décret n° 2017-694 du 2 mai 2017 et l'article R4624-22 du Code du travail (suivi individuel renforcé).

Cette page détaille de manière exhaustive les examens médicaux obligatoires (examen clinique, vision, audition, équilibre, cardiovasculaire, toxicologie), les contre-indications absolues et relatives, la durée de validité (1 an en SIR), le rôle exclusif du médecin du travail (le médecin traitant n'est pas habilité) et la procédure pratique pour obtenir l'avis d'aptitude. Contenu rédigé par un formateur référent SECUFER fort de 12 ans d'expérience opérationnelle sur le réseau ferré national.

Pourquoi l'aptitude médicale est-elle obligatoire pour le SECUFER ?

L'environnement ferroviaire concentre une combinaison de risques rares dans le secteur du BTP : circulation de trains à 80-160 km/h sur des voies non séparées du chantier, caténaires sous 25 kV alternatif ou 1500 V continu, vent de souffle (jusqu'à 100 km/h dans le sillage d'un TGV), bruit continu supérieur à 85 dB, travail en milieu confiné (tunnels, tranchées), et nécessité permanente de juger des distances et des délais de dégagement. La conscience du risque, l'acuité sensorielle et la capacité physique du salarié sont donc des éléments déterminants de sa survie sur le terrain.

Cadre légal : 3 articles clés

  • Article R4543-1 à R4543-19 du Code du travail (issus du décret 2017-694) : obligations de l'employeur en matière de formation, d'aptitude et d'encadrement pour les travaux sur ou à proximité des voies ferrées.
  • Article R4624-22 du Code du travail : suivi individuel renforcé (SIR) pour les salariés exposés à un risque particulier, dont le risque ferroviaire fait explicitement partie.
  • Article L4624-1 du Code du travail : obligation générale de suivi de l'état de santé du salarié par le médecin du travail.

Articulation avec la formation SECUFER

L'habilitation SECUFER repose sur un triptyque : (1) avis d'aptitude médicale en cours de validité, (2) suivi avec succès de la formation SECUFER de 7 heures et validation du QCM final, (3) décision formelle d'habilitation par l'employeur. Si l'aptitude médicale n'est pas valide, les deux autres étapes deviennent juridiquement caduques, même si le QCM est réussi et que l'attestation est émise.

Qui doit passer la visite médicale d'aptitude ?

L'obligation s'applique à tout salarié qui intervient, même ponctuellement, sur ou à proximité des emprises ferroviaires du réseau ferré national, du réseau RATP, des voies portuaires, des installations ferroviaires industrielles (sucreries, cimenteries, ports), des lignes touristiques classées et des chantiers ferroviaires nouveaux (LGV, tramways, métros).

Publics concernés

  • Poseurs de voie ferrée : RVB, suite rapide, travaux de signalisation au sol
  • Soudeurs de voie : soudure aluminothermique, intervention sur le rail
  • Électriciens caténaire : intervention sous tension réduite ou consignée
  • Annonceurs-Sentinelles (ASP) et RPTX : exigences renforcées (audition, vue, équilibre)
  • Conducteurs d'engins rail-route, conducteurs de trains-travaux ATTX
  • Géomètres-topographes, géotechniciens, mainteneurs caténaires et signalisation
  • Chargés de prévention HSE intervenant sur emprises
  • Ingénieurs et techniciens des bureaux d'étude ferroviaire en visite de chantier
  • Personnel administratif accompagnant des visites de site
  • Inspecteurs d'assurance, contrôleurs Apave/Veritas/Socotec

Cas particulier des intérimaires

Pour les intérimaires ferroviaires, l'aptitude médicale est réalisée par le service de santé au travail de l'agence d'intérim (Manpower, Randstad, Adecco, Vediorbis), pas par l'entreprise utilisatrice. C'est une particularité réglementaire qui évite de multiplier les visites à chaque mission. L'agence doit toutefois transmettre l'avis à l'entreprise utilisatrice avant chaque mission ferroviaire.

Les 6 examens médicaux obligatoires en détail

L'aptitude médicale SECUFER comporte 6 examens distincts, réalisés lors d'une séance unique d'une durée totale de 30 à 60 minutes. Chaque examen vise à vérifier que le salarié possède les capacités sensorielles, physiques et psychiques compatibles avec l'environnement ferroviaire.

1. Examen clinique général

Premier temps de la visite, l'examen clinique comporte :

  • Interrogatoire détaillé (antécédents médicaux, chirurgicaux, familiaux, traitements en cours)
  • Mesure de la tension artérielle (limite haute : 160/95 mmHg sans traitement)
  • Fréquence cardiaque au repos (40 à 90 bpm acceptable)
  • Indice de masse corporelle (IMC : risque à partir de 35, contre-indication relative à partir de 40)
  • Examen abdominal, palpation, auscultation cardio-pulmonaire
  • Recherche de signes neurologiques (réflexes, marche, coordination)

2. Bilan visuel approfondi

La vision est le sens le plus sollicité sur emprises ferroviaires. Le bilan inclut :

  • Acuité visuelle de loin : minimum 8/10 pour le meilleur œil, 5/10 pour l'autre, avec ou sans correction
  • Acuité visuelle de près : minimum Parinaud 2 (lecture aisée)
  • Champ visuel : 160 degrés horizontal, sans scotome dans la zone fonctionnelle
  • Vision des couleurs : test d'Ishihara (24 planches) - le dyschromatope est généralement incompatible avec les fonctions de signalisation, mais peut être apte pour d'autres postes
  • Vision crépusculaire et éblouissement : test au nyctomètre pour les agents travaillant de nuit
  • Vision binoculaire et stéréoscopique : test de Lang ou Wirt (nécessaire pour l'estimation des distances)

Le port de lunettes ou de lentilles n'est pas une contre-indication, dès lors que la correction permet d'atteindre les seuils requis. Le médecin recommande une paire de rechange sur le chantier.

3. Bilan auditif

L'environnement ferroviaire impose une audition fine, notamment pour percevoir les annonces sonores et le bruit d'arrivée des circulations. Le bilan auditif comporte :

  • Audiogramme tonal liminaire en cabine insonorisée (test des 2 oreilles séparément)
  • Seuil moyen acceptable : moins de 35 dB de perte entre 500 Hz et 4000 Hz
  • Audiogramme vocal en environnement bruité (intelligibilité des phrases courantes)
  • Examen otoscopique (vérification du conduit auditif et du tympan)

Le port d'aides auditives n'est pas une contre-indication systématique, mais doit être évalué au cas par cas : certains donneurs d'ordre (notamment SNCF Réseau pour les fonctions ASP et conducteur) maintiennent une restriction.

4. Examen de l'équilibre et orthopédique

Les chantiers ferroviaires imposent de marcher sur ballast, de franchir des rails, de monter et descendre des engins, de porter des charges. L'examen comporte :

  • Test de Romberg (équilibre statique, yeux ouverts puis fermés)
  • Test de marche tandem (pied devant pied sur une ligne)
  • Examen du rachis (mobilité cervicale, dorsale, lombaire)
  • Examen des articulations (genoux, chevilles, épaules, poignets)
  • Test de force musculaire (membres supérieurs et inférieurs)
  • Recherche de pathologie podologique limitant la marche prolongée

5. Examen cardiovasculaire

L'examen cardiovasculaire est particulièrement important pour les fonctions exposées à des efforts physiques intenses (poseur de voie, soudeur) et pour les agents de plus de 50 ans. Il comprend :

  • ECG de repos systématique au-delà de 50 ans ou en présence de facteurs de risque (HTA, diabète, dyslipidémie, tabagisme, antécédents familiaux)
  • Recherche d'arythmie (fibrillation atriale, extrasystoles)
  • Recherche de souffle cardiaque
  • Mesure de la saturation en oxygène (SpO2)
  • Test d'effort (Ruffier-Dickson ou ergométrie) selon contexte

6. Dépistage toxicologique et sommeil

Dernier volet de l'examen, le dépistage des conduites addictives et des troubles du sommeil :

  • Alcoolémie : dépistage par éthylotest, taux 0 g/L exigé pour le service (article R4228-20)
  • Dépistage stupéfiants : test urinaire ou salivaire (cannabis, opiacés, cocaïne, amphétamines) - encadré par l'avis CCNE 2014 et le règlement intérieur
  • Évaluation du sommeil : questionnaire d'Epworth pour dépister la somnolence diurne et les apnées du sommeil (obligatoire pour les conducteurs et les agents de nuit)
  • Recherche de prise de médicaments incompatibles (benzodiazépines, opiacés à forte dose, antihistaminiques sédatifs)

Contre-indications absolues à la formation SECUFER

Une contre-indication absolue est une pathologie incompatible avec le travail sur emprises ferroviaires, quelle que soit la fonction exercée. Elle interdit la délivrance de l'avis d'aptitude.

Contre-indications visuelles

  • Cécité ou amblyopie majeure non corrigeable (acuité < 5/10 sur les deux yeux avec correction maximale)
  • Rétrécissement majeur du champ visuel (< 120 degrés horizontal)
  • Dyschromatopsie sévère pour les fonctions de signalisation (RPTX, ASP, agents de signalisation)
  • Glaucome non stabilisé, rétinopathie évolutive

Contre-indications auditives

  • Surdité profonde bilatérale (perte > 70 dB sur les deux oreilles)
  • Vertige chronique d'origine vestibulaire

Contre-indications neurologiques

  • Épilepsie non stabilisée (crise de moins de 2 ans) ou épilepsie traitée avec phénomènes résiduels
  • Séquelles d'AVC avec déficit moteur, sensitif ou cognitif
  • Maladie neurodégénérative (Parkinson, SEP, démence)
  • Trouble de l'équilibre chronique

Contre-indications cardiovasculaires

  • Insuffisance cardiaque NYHA III ou IV
  • Arythmie grave non contrôlée (fibrillation atriale rapide, tachycardie ventriculaire)
  • Infarctus du myocarde de moins de 6 mois
  • Hypertension artérielle sévère non traitée (> 180/110 mmHg)

Contre-indications psychiatriques et addictives

  • Trouble psychiatrique avec risque comportemental aigu (psychose non stabilisée)
  • Dépendance active à l'alcool ou aux stupéfiants (non sevrée)
  • Trouble du sommeil sévère non traité (apnées obstructives sévères, narcolepsie)
  • Trouble du jugement ou de la conscience du risque

Contre-indications relatives : la décision est au médecin du travail

Contrairement aux contre-indications absolues, les contre-indications relatives ne sont pas éliminatoires : elles imposent au médecin du travail de moduler l'avis (aptitude avec restrictions, aménagement de poste, surveillance renforcée).

Pathologies fréquentes à évaluer au cas par cas

PathologieDécision fréquente
Diabète équilibré (HbA1c < 7%)Apte avec surveillance, éducation sur hypoglycémie
HTA traitée et contrôléeApte sans restriction
Asthme léger à modéréApte avec traitement, éviction des aérosols irritants
Lombalgies chroniquesApte avec restriction de port de charges > 25 kg
Apnées du sommeil traitées (CPAP)Apte avec contrôle d'observance et tests de vigilance
Anxiété ou dépression sous traitementApte selon stabilité et tolérance du traitement
Antécédent d'arrêt cardiaque ou d'AVC ancienAvis cardio spécialiste avant décision
Grossesse en coursAménagement de poste obligatoire (article L1225-7)

Le médecin du travail : seul habilité à délivrer l'aptitude SECUFER

L'avis d'aptitude SECUFER ne peut être délivré que par le médecin du travail du service de santé au travail (SST) auquel l'employeur est affilié. Aucun autre praticien (médecin traitant, généraliste, spécialiste en cabinet de ville, médecin sportif) ne peut émettre un avis d'aptitude réglementairement opposable au sens du Code du travail.

Trois catégories de services de santé au travail

  • Services de santé au travail interentreprises (SSTI) : la majorité des entreprises de travaux ferroviaires y sont affiliées (AST 92, ACMS, CMIE pour l'Île-de-France ; AIST 18 en Centre-Val de Loire ; SISTPACA pour PACA ; AISMT en Auvergne-Rhône-Alpes).
  • Services autonomes : les grands groupes (SNCF Réseau, RATP, Eiffage Rail, Colas Rail, NGE) disposent d'un service médical autonome avec médecins du travail dédiés au réseau ferroviaire.
  • Service de prévention et de santé au travail interentreprises agricole (SPSTIA) : pour les entreprises ferroviaires agricoles ou agroalimentaires (sucreries, coopératives).

Différence avec le médecin agréé SNCF historique

Avant la réforme de 2017, les agents SNCF passaient leur visite chez un médecin agréé SNCF, distinct du médecin du travail classique. Cette spécificité reste partiellement en vigueur pour les fonctions de sécurité très exposées (conducteur de train, agent circulation), encadrées par l'arrêté du 6 août 2010 modifié. Pour la formation SECUFER classique, c'est bien le médecin du travail standard (SST ou autonome) qui prononce l'aptitude.

Durée de validité de l'aptitude médicale SECUFER

La validité de l'avis d'aptitude dépend du régime de suivi applicable au poste :

Suivi individuel renforcé (SIR) : 1 an maximum

Les postes à risque ferroviaire relèvent généralement du suivi individuel renforcé (article R4624-22 du Code du travail), avec :

  • Visite d'information et de prévention (VIP) à l'embauche
  • Visite médicale d'aptitude avant prise de poste effective
  • Renouvellement tous les 12 mois maximum
  • Visite de reprise après tout arrêt de travail supérieur à 30 jours pour accident du travail ou maladie professionnelle, ou supérieur à 60 jours en cas d'arrêt maladie classique

Suivi périodique allégé : 2 ans

Pour les postes moins exposés (chargés de prévention en visite occasionnelle, ingénieurs bureau d'étude avec visites de chantier rares), le médecin du travail peut prononcer un suivi tous les 24 mois maximum.

Visites occasionnelles

Outre la périodicité réglementaire, des visites occasionnelles peuvent être demandées :

  • Visite à la demande : du salarié, de l'employeur ou du médecin du travail
  • Visite de reprise : après arrêt de travail prolongé ou accident
  • Visite de pré-reprise : pendant un arrêt de travail, pour préparer le retour

Procédure pratique : comment obtenir l'aptitude médicale

La procédure d'obtention de l'avis d'aptitude se déroule en 5 étapes, sous la responsabilité opérationnelle de l'employeur.

Étape 1 : vérification de l'affiliation au SST

Avant toute embauche, l'employeur doit être affilié à un service de santé au travail. La cotisation annuelle (entre 80 et 200 EUR par salarié, taille de l'entreprise dépendante) couvre toutes les visites médicales obligatoires. Un employeur non affilié est hors-la-loi (article L4622-6) et exposé à une amende administrative.

Étape 2 : déclaration du poste à risque

L'employeur déclare au SST la nature du poste (intervention sur emprises ferroviaires) et coche la case "suivi individuel renforcé" (SIR). Cette déclaration détermine le type de visite et la fréquence. Une mauvaise déclaration (poste sous-évalué) peut engager la responsabilité pénale de l'employeur en cas d'accident.

Étape 3 : prise de rendez-vous

Le SST propose un rendez-vous dans un délai variable selon les régions :

  • Île-de-France (ACMS, CMIE, AST 92) : 2 à 6 semaines
  • Auvergne-Rhône-Alpes (AISMT, ATMP) : 3 à 8 semaines
  • PACA (SISTPACA) : 2 à 4 semaines
  • Occitanie (ASTIA, AIST) : 3 à 6 semaines
  • Nouvelle-Aquitaine (AHI 33, AIST 87) : 3 à 5 semaines
  • Grand Est (AST 67, AISMT 57) : 4 à 8 semaines (zone tendue)
  • Hauts-de-France (Pôle Santé Travail) : 4 à 8 semaines

L'employeur doit anticiper ces délais : pour un démarrage de chantier prévu le 1er octobre, il est recommandé de déclencher la demande de visite dès le 1er août. Pour les interventions en e-learning, la formation peut commencer en parallèle de l'obtention de l'aptitude (mais l'attestation finale ne sera délivrée qu'après réception de l'avis médical).

Étape 4 : le jour de la visite

Le salarié se présente au cabinet du médecin du travail avec :

  • Sa pièce d'identité
  • Sa carte vitale
  • Ses lunettes ou lentilles correctrices habituelles
  • L'ordonnance de ses traitements en cours
  • Tout document médical récent pertinent (compte-rendu d'hospitalisation, ECG, audiogramme)

La visite dure entre 30 et 60 minutes selon la complexité du dossier. L'avis est rendu immédiatement ou sous 8 jours en cas d'examens complémentaires nécessaires.

Étape 5 : remise de l'avis d'aptitude

Le médecin remet un avis d'aptitude écrit, en 3 exemplaires :

  • 1 exemplaire au salarié (à conserver et à présenter sur demande)
  • 1 exemplaire à l'employeur (à archiver dans le dossier individuel du salarié)
  • 1 exemplaire au dossier médical en santé au travail (DMST)

L'avis peut être : apte sans restriction, apte avec restrictions (port de lunettes, restriction de charges, exclusion du travail de nuit), inapte temporaire (avec date de revisite) ou inapte définitif au poste (avec recherche de reclassement).

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Que se passe-t-il en cas d'inaptitude médicale ?

L'inaptitude médicale au poste de travail enclenche une procédure stricte définie par le Code du travail.

Inaptitude temporaire

L'inaptitude temporaire correspond à une pathologie aiguë ou un traitement transitoire (chirurgie, épisode dépressif, fracture). Le médecin fixe une date de revisite (1 à 6 mois). Pendant cette période, le salarié peut être réaffecté sur un poste sans risque ferroviaire ou faire l'objet d'un arrêt maladie.

Inaptitude définitive au poste

L'inaptitude définitive déclenche une obligation de reclassement de l'employeur (article L1226-2 du Code du travail). L'employeur doit rechercher un poste compatible avec les capacités résiduelles du salarié, dans l'entreprise ou le groupe, éventuellement avec des aménagements. La recherche dure 1 mois.

Recours en cas de désaccord

Le salarié ou l'employeur qui conteste l'avis du médecin du travail dispose de 15 jours pour saisir le conseil de prud'hommes (procédure accélérée) ou l'inspecteur du travail (article L4624-7). Une expertise médicale contradictoire peut être ordonnée.

L'aptitude médicale et le financement OPCO

Contrairement à la formation SECUFER (7 heures), la visite médicale d'aptitude n'est pas financée par l'OPCO. Elle est financée par la cotisation au service de santé au travail (SST), payée directement par l'employeur. Cette cotisation est obligatoire et opposable.

L'OPCO Constructys (BTP), OPCO 2i (industrie), AKTO (services et intérim), OPCO Atlas (bureau d'étude) et OPCO Mobilités (transport ferroviaire) prennent en charge la formation SECUFER elle-même, mais pas la visite médicale. Utilisez notre simulateur OPCO pour estimer la prise en charge de la formation.

Aptitude médicale SECUFER en région : délais et services par zone

Les délais d'obtention de la visite d'aptitude varient fortement selon la région. Tableau de synthèse pour les principales zones de chantier ferroviaire :

RégionPrincipaux SSTDélai moyen
Île-de-France (Paris, Vaujours)ACMS, CMIE, AST 922-6 semaines
Auvergne-Rhône-Alpes (Lyon, Clermont-Ferrand)AISMT, ATMP 693-8 semaines
PACA (Marseille)SISTPACA, AIST 132-4 semaines
Occitanie (Toulouse)ASTIA, AIST 343-6 semaines
Nouvelle-Aquitaine (Bordeaux)AHI 33, AIST 873-5 semaines
Grand Est (Strasbourg, Reims, Mulhouse)AST 67, AISMT 574-8 semaines
Hauts-de-France (Lille)Pôle Santé Travail4-8 semaines
Pays de la Loire (Nantes)SMIA, AHITRAV3-6 semaines

Astuce d'organisation : dans les zones à délai long (Grand Est, Hauts-de-France), demander la visite d'aptitude en parallèle de l'inscription à la formation SECUFER e-learning. Le salarié peut suivre les 7 heures de formation pendant l'attente de la visite, et le centre délivre l'attestation dès réception de l'avis d'aptitude.

FAQ - Aptitude médicale SECUFER

L'aptitude médicale est-elle obligatoire pour la formation SECUFER ?

Oui. L'aptitude médicale est un prérequis légal pour toute habilitation SECUFER, fixé par les articles R4543-1 à R4543-19 du Code du travail (décret 2017-694) et par l'article R4624-22 (suivi individuel renforcé, SIR). Sans visite médicale d'aptitude valide, l'accès aux emprises ferroviaires est refusé.

Qui réalise la visite médicale d'aptitude SECUFER ?

La visite est réalisée par le médecin du travail du service de santé au travail (SST) auquel l'employeur est affilié, dans le cadre du suivi individuel renforcé (SIR). Pour les agents SNCF Réseau, c'est le service médical SNCF qui intervient. Aucun autre praticien (médecin traitant, médecin généraliste) ne peut délivrer cette aptitude réglementairement opposable.

Quels examens médicaux sont réalisés ?

L'aptitude SECUFER comporte : examen clinique général (antécédents, tension, FC), bilan visuel (acuité, champ visuel, vision des couleurs), bilan auditif (audiogramme tonal liminaire), examen de l'équilibre, examen orthopédique (rachis, articulations), examen cardiovasculaire (ECG si > 50 ans ou facteurs de risque), dépistage toxicologique (alcoolémie, stupéfiants) et évaluation du sommeil (apnées du sommeil pour les conducteurs).

Quelles sont les contre-indications absolues à la formation SECUFER ?

Les contre-indications absolues incluent : cécité ou amblyopie majeure non corrigée, surdité profonde, épilepsie non stabilisée (ou crises de moins de 2 ans), trouble cardiovasculaire grave non contrôlé, trouble psychiatrique avec risque comportemental, addiction aux stupéfiants non sevrée, apnées du sommeil sévères non traitées. Toute pathologie compromettant la perception du danger, l'équilibre ou la conscience constitue une contre-indication.

Quelle est la durée de validité de l'aptitude médicale SECUFER ?

La validité standard est de 1 an pour les agents en suivi individuel renforcé (SIR), conformément à l'article R4624-23 du Code du travail. Pour les postes à moindre risque, la périodicité peut s'étendre à 2 ans selon décision du médecin du travail. Toute reprise après arrêt de travail supérieur à 30 jours impose une visite de reprise.

Que faire en cas d'inaptitude médicale ?

En cas d'inaptitude, le médecin du travail propose un aménagement de poste (réaffectation, restrictions horaires) ou prononce une inaptitude au poste avec recherche obligatoire de reclassement par l'employeur (article L1226-2 du Code du travail). Un recours est possible auprès de l'inspecteur du travail ou du conseil de prud'hommes dans les 15 jours suivant la notification.

Le port de lunettes est-il une contre-indication ?

Non. Le port de lunettes ou lentilles correctrices n'est pas une contre-indication, dès lors que l'acuité visuelle corrigée atteint les seuils requis (8/10 pour le meilleur œil, 5/10 pour l'autre, vision des couleurs normale au test d'Ishihara). Une paire de rechange est recommandée sur les chantiers.

Combien coûte la visite d'aptitude médicale SECUFER ?

La visite médicale est intégralement prise en charge par l'employeur via la cotisation au service de santé au travail (50 à 120 EUR par salarié et par an, fonction de la taille de l'entreprise et du suivi requis). Le salarié ne paie rien.

L'employeur peut-il refuser de payer la visite médicale ?

Non. Le financement de la médecine du travail est une obligation légale de l'employeur (article L4622-6 du Code du travail). Toute entreprise dont les salariés interviennent sur emprises ferroviaires doit cotiser à un service de santé au travail interentreprise (SSTI) ou disposer d'un service autonome.

L'aptitude SECUFER est-elle transférable d'un employeur à un autre ?

Non, pas directement. L'aptitude médicale est rattachée au poste et au service de santé au travail de l'employeur en cours. Lors d'un changement d'employeur, une nouvelle visite d'aptitude est réalisée par le nouveau service de santé au travail, sauf si moins de 5 ans séparent la dernière visite et si les conditions de travail sont équivalentes (article R4624-15).

D'autres questions sur l'aptitude médicale et la formation SECUFER ? Consultez notre FAQ complète ou contactez notre équipe pour un devis personnalisé.

SB

Rédigé et relu par

Stéphane B., formateur référent SECUFER

12 ans d'expérience opérationnelle sur le réseau ferré national (SNCF Réseau, donneurs d'ordre BTP ferroviaire), ancien RPTX et animateur de modules de formation sécurité ferroviaire. Référent pédagogique au Centre SECUFER ADF. Article rédigé sur la base du Code du travail (articles R4543, R4624, L1226, L4622, L4624), du décret n° 2017-694 et des référentiels SST en vigueur en mai 2026. Pour toute question médicale individuelle, consultez votre médecin du travail.

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